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Les hedge parient gros sur la hausse du pétrole
Le pétrole continue de grimper en flèche : le Brent a atteint ce matin un peu plus de 70 dollars le baril, soit un plus haut de plus de trois ans, alors qu'il s'échangeait encore à moins de 50 dollars il y a six mois. Cette accélération de la croissance du prix de l'or noir (le baril a connu son meilleur début d'année depuis 2006) suscite l'enthousiasme des hedge funds, qui sont de plus en plus nombreux à parier sur une poursuite de la hausse.
Les contrats futures sur le pétrole ont ainsi atteint un plus haut de trois ans, selon les données de Bloomberg, alors que de nombreux facteurs justifient effectivement une prolongation de l'appréciation : l'OPEP s'est ainsi engagée à prolonger le plafonnement de sa production aux niveaux décidés lors de l'accord de novembre 2016, jusque fin 2018, et la Russie ainsi que l'Arabie saoudite ont de leur côté réaffirmé leur volonté de réduire l'excès de production mondiale.
Par ailleurs, le niveau des réserves américaines connaît une baisse historique, même si la firme Baker Hughes a indiqué la semaine dernière une hausse du nombre de puits en activité, ce qui pourrait tempérer la hausse du baril, à moyen terme. Un dernier facteur a permis au baril de franchir la barre des 70 dollars ce week-end : l'effondrement du dollar, qui a atteint un plus bas de 3 ans, a entraîné une forte progression de la demande, celle-ci étant principalement libellée en devise américaine.
Les hedge se fient également à l'évolution de la courbe des futures sur le pétrole pour fonder leurs paris optimistes : or que ce soit à Londres ou New York, plus la date de livraison de pétrole est proche, plus le prix est élevé, et ce jusque 2022 sur la courbe des prix. Un schéma qui se produit généralement quand la demande progresse plus rapidement que l'offre sur le marché de l'or noir. Les experts du marché, ont d'ailleurs affirmé lors du forum de Davos que ce phénomène de "backwardation" (quand les prix des contrats à terme sont inférieurs aux prix spots, fixé pour une livraison immédiate) devrait se poursuivre cette année, et permettre au baril de Brent d'évoluer entre 65 et 75 dollars. Le secrétaire général de l'OPEP Mohammad Barkindo a quant à lui affirmé lors du forum économique que le rééquilibrage du marché, avec une accélération de la demande mondiale et une poursuite de la baisse de l'offre, devrait se produire cette année.
Dans ce contexte, les positions nettes longues sur le WTI des fonds d'investissement ont progressé de 2,9% la semaine passée pour atteindre 496.111 contrats, un niveau record depuis 2006, selon les calculs de Bloomberg obtenus grâce aux données de la CFTC, tandis que ces positions ont progressé de 2,4% sur le Brent à 584.707 contrats, un niveau historique, toujours selon Bloomberg. Et par extension, le même phénomène est en train de se produire sur le marché du carburant.
L'évolution de la production de schiste américain et la potentielle hausse de la production nigériane, pourraient cependant influencer les prix de l'or noir à la baisse dans les prochaines semaines. Par ailleurs, les analystes estiment que certains investisseurs pourraient décider de vendre après la flambée des prix ces trois derniers mois...
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