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La France, talon d'Achille de l'Europe en 2013 ?

L'ajustement des entreprises et leur fragilité financière risquent de peser sur la croissance de la France, dont les corporates, à la différence des PIIGS, ont pris du retard dans leur assainissement.
François Hollande a beau avoir affiché un optimisme de bon ton lors de ses voeux pour la nouvelle année, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Hier, l'indice PMI manufacturier de décembre a une nouvelle fois décliné, pour le dixième mois consécutif. Quelques jours plus tôt, le FMI s'était déjà chargé de rappeler le gouvernement à l'ordre, déclarant qu'il ne parviendrait certainement pas à tenir ses promesses de réduction du déficit (3% du PIB pour cette année). D'autant que la croissance, prévue à hauteur de 0,8% cette année, sera certainement moins forte qu'anticipé par le gouvernement, ce qui risque également de peser sur la réduction du déficit. Si la France a tenu bon en 2012, affichant une croissance nettement supérieure à celles des pays périphériques et inférieure de peu à celle de l'Allemagne, la situation devrait néanmoins se dégrader sensiblement cette année. Deux facteurs devraient contribuer à aggraver la situation de l'économie française, selon les analystes de Natixis. Tout d'abord, la nécessité de redresser les comptes des entreprises de l'Hexagone : la profitabilité et la capacité d'autofinancement des entreprises en 2012 est beaucoup plus faible en France qu'en Allemagne, en Espagne et en Italie. Ainsi en 2012, la rentabilité des sociétés de l'Hexagone était inférieure à 7% du PIB, contre 13% du PIB en Espagne, et leur taux d'autofinancement d'un peu plus de 60%, contre plus de 80% en Italie et même plus de 100% en Allemagne et en Espagne. L'Allemagne est parvenue à redresser la profitabilité de ses entreprises entre 2000 et 2006 en baissant les salaires réels, et les PIIGS ont suivi le même chemin mais sur une période plus récente. "L'Espagne et l'Italie ont redressé la profitabilité de leurs entreprise avec un recul du salaire réel et en Espagne, avec un redressement de la productivité, d'où de fortes pertes d'emplois", expliquent les analystes. Par ailleurs, "le redressement du taux d'autofinancement a aussi nécessité un recul du taux d'investissement en Espagne et en Italie". En France, ni recul des salaires, ni baisse importante de l'emploi ou de l'investissement n'ont encore été constatés. Les analystes estiment donc qu'il y aura en 2013 un ajustement à la baisse de ces trois indicateurs. Pour preuve, le taux de chômage augmente rapidement depuis la fin de l'année dernière. Ensuite, le premier facteur cité (profitabilité et capacité d'autofinancement des entreprises) implique que celles-ci sont également plus fragiles financièrement et donc plus sensibles aux chocs défavorables. Sachant que plusieurs chocs sont attendus cette année avec le recul de l'activité en Europe, le durcissement des conditions de crédit (notamment en raison des règlements imposés aux banques) ainsi que la faiblesse du commerce mondial et des exportations. Le retard pris par l'Hexagone sur les périphériques, concernant l'ajustement de la compétitivité de ses entreprises mais également le redressement de ses finances publiques et la mise en place de réformes structurelles supplémentaires, devraient donc sensiblement peser sur le PIB français cette année. "Les perspectives pour l'année 2013 s'annoncent moroses, l'économie française se préparant à affronter de forts vents contraires tels qu'une dégradation du marché de l'emploi, une consommation en berne et une fragilité de la demande sur un certain nombre de marchés européens", a déclaré hier matin Jack Kennedy, économiste chez Markit.
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