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Wendel reste impacté par son passif Saint-Gobain

Le holding coté a publié un résultat net 2014 qui a pâti de la réduction du périmètre et de la moins-value sur Saint-Gobain, qu’il soutient face à Sika. Après un exercice actif en deals non cotés, il porte son regard vers l’Amérique du Nord.
Wendel logo
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Si Wendel fait tout pour démontrer qu’elle a les yeux tournés vers l’avenir, elle n’a pu empêcher d’être rattrapée par son passé sur l’exercice 2014, et notamment l’impact de son investissement dans Saint-Gobain sur sa rentabilité. Ainsi, le holding d’investissement coté a publié un chiffre d’affaires en hausse de 8,5% à 5,9 milliards d’euros, et enregistre une croissance organique dans toutes ses participations. Mais les exceptionnels ont pesé sur le reste du compte de résultat, si bien que le groupe dirigé par Frédéric Lemoine a accusé un recul de 22,3% de son résultat net des activités part du groupe à 154,9 millions d’euros, et de 8,4% sur la simple contribution nette de ses sociétés en raison de la cession d’actions Saint-Gobain et sa sortie de Legrand.

Pourtant, Wendel a bouclé de belles sorties l’an passé avec la vente des trois divisions de Materis, qui ont généré une plus-value de près de 330 millions d’euros, mais cela n’a pas compensé la moins-value sur la cession de 4,3% de titres Saint-Gobain en mai 2014, d’environ 106 millions d’euros, mais aussi les dépréciations sur ses participations, à 127 millions d’euros. Encore détenteur de 11,8% du capital, l’actionnaire ne souhaite néanmoins pas solder l’aventure Saint-Gobain tout de suite, et mise maintenant sur son projet de rachat de Sika, un beau coup de Pierre-André de Chalendar qui pourrait lui permettre de rentrer enfin dans ses frais sur cette participation. Si l’opération est dans une passe difficile, le tribunal suisse ayant refusé de se prononcer sur les droits de vote du holding familial suisse, Frédéric Lemoine s’est employé à réitérer son soutien à ce projet ce matin, qualifiant la cible suisse de « superbe entreprise ».

En attendant, Wendel poursuit la sortie de ses autres actifs cotés, avec la vente de 10,9% de Bureau Veritas en début de mois, profitant de la fenêtre de tir idéal pour les placements de titres sur les marchés. Et se redéploie sur le non coté, avec la mise en œuvre de son plan stratégique 2013-2017 l’an passé. Profitant d’un contexte à nouveau favorable aux deals, Wendel est reparti à la chasse aux acquisitions : il a investi 640 millions d’euros dans le spécialiste autrichien du packaging flexible Constantia Flexibles, a engagé 500 millions de dollars supplémentaires dans l’opérateur africain de tours télécoms IHS et a mis la main sur l’américain CSP Technologies avec un chèque de près de 200 millions de dollars. De quoi mettre au travail 75% de son programme d’investissement total de 2 milliards d’euros à horizon 2017, à parité entre Europe, Afrique et Amérique du Nord. Le dernier territoire est celui qui reste le moins représenté, c’est la raison pour laquelle le patron de Wendel a jugé qu’il était maintenant la priorité du groupe.

Le groupe a désormais les moyens de ses ambitions grâce à un bilan assaini et à un retour à la catégorie investment grade l’été dernier. En prenant en compte les derniers deals, le ratio loan-to-value est revenu à 21,4%, contre 31% à fin décembre, le groupe n’affiche aucune dette bancaire, 3,6 milliards d’euros de dette obligataire et 1,5 milliard de crédit bancaire disponible non tiré.

Le marché n’a néanmoins pas bien reçu ces résultats et a fait reculer le titre de 3,6% ce jeudi, soit une décote de 26% sur son ANR qui a pourtant progressé de 14% en moins de trois mois. Les investisseurs ont probablement pris leurs profits sur un titre qui a progressé de 22% depuis le début de l’année. Ou bien attendent les premiers résultats de cette stratégie de repositionnement, où Wendel a triplé son exposition au non coté en trois ans, pour se prononcer.


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