La fin de la prime à la casse a boosté la consommation
La consommation des ménages est apparue en hausse pour le dernier mois de l'année. Mais ces chiffres reflètent davantage une flambée des ventes de véhicules qu'une réelle reprise des dépenses.
Les chiffres de la consommation des ménages français sont meilleurs que les anticipations : les dépenses en produits manufacturés ont ainsi augmenté de 0,6% en décembre, contre 0,3% en moyenne attendu, et ce malgré les fortes intempéries de la période de Noël. Sur l'ensemble du quatrième trimestre, la hausse est de 1,9%, ce qui a permis une progression de 1% en moyenne sur l'année, soit légèrement au-dessus de 2009 (+0,8%). Ce qui, selon Alexander Law, économiste chez Xerfi, démontre que "la consommation française est particulièrement résistante". Mais ces chiffres à priori rassurants sont en réalité gonflés par les achats d'automobiles ; dans le détail, les autres postes de dépenses sont mal orientés, signalant que l'embellie de la fin de l'année dernière pourrait ne pas se poursuivre cette année.
La flambée des ventes d'automobiles en fin d'année (+8,6% en décembre et +14% en novembre) est liée à la fin définitive de la prime à la casse, qui s'est achevée dans la nuit de Saint-Sylvestre, et qui a dopé les ventes des deux derniers mois de 2010. Les commandes au mois de décembre ont atteint 370 000 véhicules, soit 30% de plus que lors de la même période en 2009. Le début de l'année devrait donc être difficile pour les constructeurs de véhicules, malgré leurs efforts promotionnels pour attirer les consommateurs chez les concessionnaires. "Reste à savoir si la baisse des achats d'automobiles va libérer du pouvoir d'achat pour consommer d'autres types de produits", poursuit l'économiste. Ce qui n'est selon lui pas impossible, mais qui sera fortement atténué si l'aide gouvernementale a provoqué non pas des décisions d'achats de véhicules, mais des décisions d'anticiper ces achats. Les ménages auraient avancé leur date d'investissement afin de bénéficier de la prime. Ce qui risque d'autant plus d'affecter le secteur en ce début d'année.
Les statistiques détaillées du mois de décembre soulignent donc le contraste entre le secteur automobile et le reste des produits manufacturés. Les achats en équipement de logement ont baissé de 0,5%, ceux de textile-cuir de 1% et de 0,9% pour tous les autres produits manufacturés. Ces chiffres sont toutefois difficiles à interpréter après de très bonnes statistiques au mois de novembre. La consommation des ménages avait fortement augmenté du fait de la correction liée à la paralysie de l'économie française un mois plus tôt. Les chiffres de la consommation dans les secteurs autres que l'automobile reflètent la fragilité de la conjoncture. Et laissent présager un début d'année difficile. D'autant que les risques d'inflation, l'atonie des salaires et du marché de l'emploi devraient peser cette année sur la consommation. Les chiffres de décembre ne devraient donc tromper personne : sans l'effet de la prime à la casse, la consommation des ménages aurait certainement baissé.
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17/09/2021 - 10:31

