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Brexit round two : Barnier toujours en position de force
Si l'Europe a depuis le début des négociations sur le Brexit, une position claire et unifiée sur ce qu'elle attend de ses futures relations avec la Grande-Bretagne, tel n'est pas le cas de l'Angleterre. Les dissensions au sein du gouvernement May sont de plus en plus criantes, alors que la Premier ministre et certains membres de son cabinet, tels que Boris Johnson, restent campés sur des positions dures et peu sujettes au compromis, tandis que le chancelier Philip Hammond tente de son côté d'échafauder un programme permettant une transition douce vers la sortie de l'UE. Ces divergences de vues ne sont pas sans poser souci pour négocier avec l'Europe, et ont pour l'instant permis aux 27 Etats de l'emporter, depuis le début des discussions.
Ainsi, hier à l'issue du second round des négociations, Michel Barnier a-t-il tenu un discours très clair pour résumer quelles étaient les prochaines étapes des discussions et ce que l'UE attendait du Royaume-Uni. Si la rencontre de fin juin a permis de poser les jalons du déroulement des négociations, celle d'hier a permis de s'attaquer à "la substance", comme l'a affirmé le négociateur en chef. Or, sur la question du droit des citoyens européens, l'Europe a affirmé que demeurait une divergence fondamentale sur la manière de les garantir. Elle a donc exigé que le Royaume-Uni clarifie les raisons de cette divergence lors de la prochaine rencontre, le 28 août. Principal point d'achoppement: le fait que le Royaume-Uni refuse que la Cour européenne de justice demeure compétente une fois le pays sorti, alors que Michel Barnier a affirmé que "toute référence au droit européen" impliquait "son contrôle par la Cour de justice de l'UE". De même, sur le sujet du règlement de la facture, Michel Barnier a-t-il demandé au secrétaire d'Etat David Davis une "clarification" de la position de son pays, "indispensable" selon lui pour aboutir à des "progrès suffisants" sur ce dossier financier, "inséparable des autres dossiers du retrait". Et afin d'enfoncer encore le clou, Michel Barnier a ajouté : "une sortie ordonnée exige de solder les comptes. (...) Aussitôt que le Royaume-Uni sera prêt à préciser la nature de ses engagements, nous serons prêts à en discuter avec les négociateurs britanniques".
Si l'Europe s'est donc exprimée très clairement à l'issue de cette deuxième rencontre, aucune prise de parole publique n'a eu lieu côté britannique. Ni de la part de David Davis, dont de nombreuses personnalités à Bruxelles déplorent le manque de préparation et de professionnalisme, ni de la part de la Premier ministre. Selon les journaux anglais, Theresa May est donc partie "épuisée" pour trois semaines de vacances dans les Alpes, sans se prononcer sur la suite des négociations. La Premier ministre est en très mauvaise posture depuis l'échec des élections anticipées de juin, où son parti a perdu la majorité au Parlement, et est au plus bas dans les sondages. Selon une enquête Ipsos Mori publiée dans The Evening Standard, sa cote de popularité est ainsi passée sous celle du leader travailliste Jeremy Corbyn, à 34%, contre 44% pour le chef Labour. Une cote de popularité si mauvaise, qu'elle constitue un record historique pour un Premier ministre après un an de pouvoir, selon le quotidien britannique.
"A vingt mois de la deadline, on ne sait absolument rien de ce que la Grande-Bretagne veut et va obtenir", raconte un financier de la City. Selon lui, le seul espoir serait le départ de la Premier ministre, et son remplacement par Philip Hammond, qui semble le seul au sein du gouvernement à avoir compris l'enjeu des négociations. A moins que Theresa May n'ait une illumination pendant ses vacances à la montagne et ne revienne avec un plan détaillé et unifié pour sortir de l'UE. Mais ses derniers congés à Pâques n'avaient pas été très fructueux en matière d'idées : c'est lors de cette semaine-là que la Premier ministre avait décidé de tenir des élections anticipées !
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