Axa saute l'obstacle
L'assureur maintient des objectifs ambitieux de croissance d'ici à 2015, malgré la crise actuelle qui ne saurait inverser la tendance.
Après la pluie, le soleil. Le numéro un français de l'assurance estime qu'il passera à travers les gouttes de l'orage actuel et son ambition à l'horizon 2015 demeure forte.
La crise de la dette a pourtant des conséquences douloureuses, puisque Axa détient un portefeuille d'obligations d'Etat d'environ 30 milliards d'euros (en valeur de marché au 30 septembre) sur les pays les plus fragiles de la zone euro (Italie, Espagne, Portugal, Irlande, Grèce).
Ce portefeuille génère 4,4 milliards d'euros de moins-values latentes en valeur brute. Mais après impôts et participation des assurés, la moins-value nette n'est plus que d'un milliard d'euros. Comme le reste du portefeuille comporte 4,6 milliards de plus-values latentes, le solde est encore positif de 3,6 milliards.
Axa a en outre considérablement réduit son exposition aux actions, qui n'est plus que de 18 milliards d'euros (valeur au 30 juin), soit 4% seulement de ses actifs. Mais le quart de ces actions sont dans le secteur bancaire, avec notamment sa participation dans BNP Paribas. Le groupe a par ailleurs un portefeuille d'obligations d'entreprise de 142 milliards d'euros, dont la moitié dans le secteur bancaire et financier.
Malgré ces éléments, l'assureur table sur une croissance annuelle de 10% de son résultat opérationnel d'ici à 2015. Grâce notamment à l'amélioration de sa rentabilité en dommages, avec un ratio combiné qui devrait se situer en dessous de 97 ou 96%. En outre sa marge d'intérêts lui assure une rentabilité supérieure de 1,8 point au taux garanti aux assurés vie sur la période. Cet objectif est cependant basé sur un rendement moyen des actions de 6% et de 4% pour les obligations d'Etat en 2015, qui ne va pas forcément de soi.
Si la crise dure plus que prévu et que les chiffres en pâtissent, le groupe dirigé par Henri de Castries estime toutefois avoir encore une bonne marge d'appréciation. Avec un rendement moyen des actions de 0% et des taux d'Etat à 3%, la croissance annuelle du résultat opérationnel atteindrait encore 6%. Un message de sérénité qui pourrait redonner du tonus au titre, qui a perdu 38% de sa valeur en trois mois et affiche un PER inférieur à 5.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

