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UK : la difficile équation d'une remontée des taux
En août dernier, la Bank of England a pris la décision d’abaisser son “bank rate of Bank of England base” en le faisant passer de 0,5% à 0,25%. Une mesure exceptionnelle prise pour calmer les pressions sur la livre sterling après le vote des Britanniques pour sortir de l’Union européenne. Il est vrai qu’elle avait maintenu son taux directeur inchangé depuis mars 2009 où elle l’avait réduit de 1% à 0,5%. “Pour assouplir les conditions financières post-crise puis maintenir l’accès au secteur privé non financier à des taux de financement très favorables, la BoE table depuis mars 2009 sur une intervention directe sur les marchés, principalement via son programme d’achats d’actifs publics (Asset Purchase Facility)”, selon Laurent Nahmias chez BNP Paribas.
Avec la mise en oeuvre du Brexit qui approche, le maintien des taux au niveau actuel, c’est-à-dire la poursuite d’une politique monétaire accommodante proche de celle de la Banque centrale européenne, paraît le plus probable et pour de longs mois. En politique monétaire, la prévision est plus qu’incertaine. À juste titre, The Telegraph rappelle que de nombreuses prévisions de hausse n’ont pas eu lieu ces derniers mois. Même s’il souligne qu’en 2017 les taux britanniques ne devraient pas bouger, tout pourrait bien s’accélérer au fil de l’année. Pour le quotidien britannique, “la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines a bouleversé les marchés financiers mondiaux - avec des conséquences possibles pour les épargnants et les emprunteurs partout, y compris en Grande-Bretagne. La croissance, l'inflation, les taux d'intérêts et les rendements des investissements devraient augmenter aux États-Unis avec des effets qui vont se répercuter sur d'autres pays.”
Depuis de nombreux mois, une hausse des taux de la BoE était évoquée. Si le Brexit n’avait pas eu lieu, celle-ci aurait sans doute été annoncée dans la foulée de la remonté des taux de la FED décidée la semaine dernière. Mais le Brexit a fragilisé l’économie britannique qui doit, à présent, démontrer qu’elle trouvera de nouveaux ressorts après la sortie de l’Union européenne. A ce titre, le retard pris dans la présentation du plan économique post-brexit du gouvernement de Theresa May n’aide pas à se projeter. Le plan serait révélé au mieux en mars prochain.
Reste donc à savoir si cette fragilité est passagère ou durable et assez puissante pour limiter ou contrecarrer l’impact du retour de la croissance et de la hausse de l’inflation. Car Brexit ou pas, la Bank of England va chercher à éviter toute surchauffe de l’économie d’Outre-manche. Rappelons que son premier objectif est le maintien de la stabilité des prix.
Lorsque Theresa May aura présenté son plan pour l’économie britannique après la sortie de l’Union européenne, les choses seront plus compréhensibles et les inquiétudes moins fortes. En effet, les économistes interrogés par The Telegraph envisagent une remontée rapide et soutenue du “bank rate of Bank of England base” de sorte qu’il atteigne 3% à l’horizon de 2019 puis 5%, dès que les perspectives post-Brexit seront normalisées. Et en attendant, les taux réels ont eux déjà augmenté, tout comme ils avaient fortement baissé lors de la décision de la BoE. Depuis la baisse du mois d’août, tous les “swap” rate ont progressé : le taux à 1 an est passé de 0,275 % à 0,433% début décembre, le taux à 2 ans de 0,396% à 0,661%, …, le taux à 5 ans de 0,783% à 1,401%. Ainsi, ils viennent de retrouver les niveaux de juin dernier. Un signal ?
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