Les atomes crochus de GDF-Suez
La décision de prolonger de dix ans la durée de vie de certaines centrales nucléaires belges est une aubaine pour le groupe français.
Comme beaucoup de gouvernements et de pays, La Belgique a convenu hier de prolonger de dix ans la durée de vie des réacteurs nucléaires installés sur son sol. Il ne s'agit pas là d'une décision prise à la légère pour satisfaire les états comptables des électriciens ou pour éviter une confrontation directe avec les écologistes. C'est le résultat d'une très longue négociation dont le juge de paix est l'autorité de sûreté nucléaire du pays concerné qui établit si les réacteurs sont susceptibles de fonctionner dix années de plus que ce qui était initialement prévu.
Pour GDF-Suez qui a participé à ces discussions, cette décision n'est pas une surprise, mais c'est une aubaine. Le groupe français, dont le deuxième actionnaire est le milliardaire franco-belge, Albert Frère, détient 7 unités de production d'énergie nucléaire sur le sol belge. Ce qui en fait le premier producteur d'électricité outre Quiévrain. Mais surtout, c'est l'une des activités les plus rentables du groupe. Elle représente 15 % de son résultat opérationnel. Les 7 centrales belges ont donc assuré à GDF-Suez un ebitda de plus de 1,1 milliards d'euros au cours des six premiers mois de l'année.
Naturellement, le prolongement de la durée de vie de ces centrales va entrainer une modification du cahier des charges avec à la clé une redevance supplémentaire à acquitter aux pouvoirs publics. On parle d'un surcoût compris entre 215 et 245 millions d'euros par an entre 2010 et 2014. Mais compte tenu de la hausse attendue des prix de l'électricité, ce complément de prix devrait vite être absorbé. Surtout, ce qui compte pour les actionnaires, c'est la capacité à dégager pendant une décennie de plus un cash flow supplémentaire. Actuellement le marché valorise GDF-Suez un peu plus de 4,4 fois son Ebitda de 2008 ; ce qui est ridicule. L'allongement de la durée de vie des centrales belges représente un apport de l'ordre de 10 milliards d'euros en euros d'aujourd'hui. Ce qui représente 15 à 17 euros par action en termes de valorisation. Soit la moitié du cours actuel. Autant dire que les atomes crochus du groupe avec la Belgique n'ont pas finis d'être payants.
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17/09/2021 - 10:31

