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Déficit US : un trou béant de 1.000 milliards de dollars
La semaine a commencé de façon particulièrement mouvementée lundi, lorsque le FBI a perquisitionné les bureaux de l’avocat de Donald Trump et que Xi Jinping, le Président chinois, a cherché à calmer les tensions commerciales avec les Etats-Unis. Ces deux rebondissements ont éclipsé la publication d’un rapport pourtant très important par le Bureau du Budget du Congrès (Congressional Budget Office).
Le CBO donnait sa première analyse du budget fédéral depuis le passage de la réforme fiscale américaine, et les chiffres sont édifiants. Sous l’effet de ces baisses massives d’impôts, le déficit devrait se creuser de 667 milliards de dollars en 2017 à plus de 800 milliards cette année et même 1.000 milliards en 2020, soit deux ans plus tôt qu’envisagé lors de la dernière analyse. Il devrait même atteindre près de 1.500 milliards de dollars en 2028, soit un déficit de 5,1% du PIB record depuis la crise. Ce qui représente un montant abyssal de dette publique, à 33.000 milliards de dollars et 96% du PIB. « Une dette aussi élevée et en hausse aurait des conséquences négatives très sérieuses pour le budget et la nation », a ainsi prévenu Keith Hall, directeur du bureau, qui a tiré la sonnette d’alarme. « En particulier, la probabilité d’une crise fiscale aux Etats-Unis augmenterait ».
Ces projections s’expliquent par le fait que le rebond de croissance attendu par l’administration Trump ne sera pas suffisant, contrairement aux projections du gouvernement, pour financer ces cadeaux fiscaux. Ainsi, la croissance devrait à court terme passer la barre des 3% cette année sous l’effet des baisses d’impôts, mais l’effet ne sera que très passager puisque le CBO non-partisan voit ensuite la croissance revenir à 2,4% en 2019 et 1,8% en 2020. Alors même que les républicains arguaient qu’une telle réforme ferait progresser la croissance à plus de 3% sur une longue période.
Or, le risque pour les économistes est que le dérapage du déficit ne tire les taux d’intérêt à la hausse et les coûts d’emprunts pour les entreprises, ne fasse chuter les marchés et par conséquent l’économie. Selon Harm Bandholz, chef économiste US chez UniCredit, « le CBO contredit ici clairement l’argument de l’administration selon lequel le stimulus fiscal se financera lui-même ». Les dispositions de ce texte pourraient néanmoins changer : des responsables de la Maison Blanche travaillent actuellement sur des réductions de dépenses afin d’alléger le budget fédéral de 1.300 milliards de dollars pour cette année, qui pourrait être voté par le Congrès si une majorité se dessinait. Par ailleurs, la Chambre des Représentants votera jeudi sur un amendement requérant des budgets équilibrés, mais a peu de chances d’obtenir les deux-tiers des voix requises.
La semaine dernière, l’agence de notation Fitch a maintenu sa note triple A sur la dette américaine, tout en maintenant la pression sur le pays. « S’il y a eu un relâchement fiscal récent, Fitch considère la tolérance à la dette plus élevée que pour d’autres souverains. Néanmoins, les hausses de déficit et de dette pourraient tester la force de ce crédit, en l’absence de réformes ». Le temps presse et joue contre le gouvernement, a prévenu Keith Hall: « Plus vous attendez, plus les mesures devront être draconiennes pour résoudre le problème ».
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