Quelles entreprises détenues par des fonds vont sortir en bourse en 2014 ?
Les fonds d'investissements vont tenter de profiter de la fenêtre ouverte en bourse pour enclencher leur sortie de grosses entreprises. Tour d'horizon des sociétés françaises qui songent à se lancer sur les marchés.
La cotation redevient une sortie envisageable pour le private equity. En effet, les fonds qui avaient profité de l'euphorie sur les "large cap" pendant la période faste d'avant-crise pour entrer au capital de grands groupes comme Elior, TDF ou Fraikin se sont retrouvés fort marris lorsqu'il a fallu déboucler leur investissement. Car leurs sociétés, certes des fleurons, se sont révélées si énormes qu'elles peinent à trouver des acquéreurs assez puissants pour se les offrir, surtout dans une époque de moindre recours au levier d'endettement. Or, les récentes réussites de Moncler à Milan ou de Numericable et Tarkett à Paris ravivent l'engouement pour les introductions en bourse.
Certains sont déjà dans les starting-blocks, comme GTT. Ce spécialiste des technologies de stockage du gaz dans les méthaniers a en effet enregistré son document de base auprès de l'AMF. Détenu à 30% par le fonds Hellman & Friedman, GDF Suez (40%) et Total (30%), son IPO devrait permettre une sortie partielle du fonds et de Total en valorisant la société plus de 1,1 milliard d'euros. D'autres fonds sont moins avancés, bien que leurs portefeuilles recèlent des candidats sérieux à la bourse. Elior en fait partie, car le processus de sortie de ses propriétaires est enclenché depuis de nombreux mois, sans succès. Il s'agirait d'ailleurs d'un come-back après sa sortie de cote fin 2006.
Faute de repreneur capable d'atteindre la valorisation conséquente de 4 milliards d'euros souhaitée par ses actionnaires, Charterhouse (62,3%) et Chequers (7,8%) présents depuis 2006 au capital, le spécialiste de la restauration hors foyer a choisi de refinancer en 2013 sa dette d'acquisition. Il a mis en place une nouvelle tranche de dette senior de 2 milliards d'euros ainsi qu'un high yield bond de 350 millions. L'opération lui a permis de repousser les maturités de dette et donc de présenter un visage favorable aux éventuels investisseurs boursiers. Dans le portefeuille de CVC Capital Partners depuis 2007, le loueur de véhicules industriels Fraikin pourrait lui aussi se lancer en bourse. Le fonds l'avait d'ailleurs repris à Eurazeo alors qu'une IPO avait à l'époque été fortement envisagée.
Autre géant que la cotation pourrait tenter : TDF (réseaux de communication pour l'audiovisuel). Le groupe détenu par TPG (42 %), la Caisse des Dépôts à travers Bpifrance (24 %), Ardian (18 %) et Charterhouse (14 %) avait en effet testé cette possibilité en 2011 avant de l'abandonner à cause de la conjoncture. Cependant, pour réitérer cette tentative, il faudra probablement que TDF ait désamorcé sa dette de 3,8 milliards d'euros : il pourrait donc opter pour la vente par appartement, en cédant par exemple ses activités françaises. Ces dernières représentent la moitié de son chiffre d'affaires et leur cession couvrirait grosso modo sa dette.
Le pipe-line des prétendants à la cotation ne saurait masquer le fait que seuls les grands groupes valorisés au-delà du milliard d'euros peuvent espérer nourrir leur croissance par ce biais. Les entreprises moins imposantes ont en revanche tendance à vouloir s'affranchir des contraintes de la bourse pour se développer à l'abri, comme le projette le Club Med avec ses actionnaires Ardian et Fosun.
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