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Le financement alternatif se démocratise pour les PME et ETI
Les PME et ETI disposent désormais d'instruments alternatifs aux prêts bancaires pour se financer. Telles sont les conclusions d’une étude de Moody’s, qui énumère ces nouveaux outils, soulignant que tous les pays ne disposent pas des mêmes.
Ainsi, l’Allemagne a été la principale instigatrice des obligations PME depuis 2009. Les émissions de PME germaniques ont ainsi atteint 8,1 milliards d’euros sur le seul mois d’août 2015, avec des tailles d’adjudications allant de 10 millions à 300 millions d’euros. Le large tissu de PME allemandes, souvent désigné comme le "Mittelstand", a largement recours à ce nouveau type de financement. L’Italie s’est également lancée dans le marché de la dette PME même s’il reste de taille plus modeste (6,2 milliards d’euros) avec des émissions de 10 millions d’euros en moyenne. Plus d’un tiers de ces émissions proviennent d’entreprises du secteur manufacturier, soit une proportion plus forte que pour les opérations venant d’entreprises de taille plus conséquente.
Autre nouveau type d’instrument cité par l’agence de notation, les fonds de dette privée pour PME, qui attirent de plus en plus de fonds de pension, compagnies d’assurance et autres investisseurs institutionnels, qui profitent des besoins de financement des PME pour se placer sur le créneau. Ce type d'outils permet d’offrir aux emprunteurs des conditions plus flexibles, via des prêts structurés et des clauses financières restrictives plus adaptées aux besoins des entreprises, à la différence d’une approche plus standardisée par les banques. Selon Moodys’, les fonds de dette privée qui mettent plus l’accent sur les PME ont suscité un intérêt accru des investisseurs institutionnels qui recherchent des rendements plus élevés. "'Ces fonds offrent aux emprunteurs des conditions plus souples sur leur dette que celles offertes par les banques", explique l’agence de notation. En Europe c’est tout de même le Royaume-Uni qui reste le plus grand marché pour les fonds de dette privée avec 45% des transactions, suivis par 23% en France et 13% en Allemagne. Enfin, les prêts de financement participatif via des plateformes se sont également développés ces cinq dernières années, offrant une autre alternative aux TPE et PME. En France, celles-ci se sont multipliées profitant des nouvelles réglementations dans ce domaine.
Malgré l’émergence de nouveaux moyens de financement pour les entreprises de taille moyenne ou modeste, le financement représente toujours pour elles un défi à cause de la taille minimale des obligations recherchée par la plupart des investisseurs, explique encore Moody’s. Sachant que les banques européennes continuent d’appliquer une prime sur les prêts de petite taille. En France cette prime est de l’ordre de 50 points de base environ, même si cela représente une baisse conséquente par rapport à 2009 où la prime atteignait plutôt 200 points de base. Le développement et la démocratisation d’instruments alternatifs de financement pour les PME devraient donc progressivement inciter les banques à abaisser les coûts de financement pour ce type de sociétés.
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