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Structures monistes : la situation n’est plus tenable pour les banques US

Le directeur général du fonds norvégien estime que les fonctions de Président et de DG doivent être séparées. Cette sortie d’un grand investisseur dans les entreprises apporte sa pierre à ce débat qui a notamment été ravivé en début d’année par General Motors.
Fonds souverain norvégien
Fonds souverain norvégien

Le fonds norvégien ne quitte pas des yeux les enjeux de gouvernance. Au début du mois, l’entité a annoncé s’être désengagée de 73 entreprises en 2015, estimant que leur impact social ou environnemental était néfaste à leur rentabilité. Ce week-end, le directeur général du plus gros fonds souverain au monde, Yngve Slyngstad a déclaré qu’il n’était plus possible de voir des PDG à la tête des grandes banques américaines. « Vu l'expérience de 2008, il est devenu intenable pour ces sociétés de ne pas séparer ces fonctions », a-t-il expliqué au Financial Times. Le débat sur la nécessité, ou non, de mettre en place des gouvernances à quatre yeux n’est pas nouveau. Toutefois, la voix qui vient de s'élever pèse lourd : 726 milliards d’euros et des investissements dans plus de 9 000 entreprises. Le fonds est vu comme l’un des précurseurs des questions d’éthiques dans la finance d’où l’importance de son avis sur ce type de sujets.

"Il n'est pas possible d'assumer à la fois les postes directeur général et de président. Mais c’est une question de temps, qui prendra probablement une génération", a ajouté Yngve Slyngstad. Le fonds ne se contente pas de déclarations pour faire avancer sa cause. Bien que la plupart des grandes banques de Wall Street, hormis Citigroup, aient à leurs têtes des PDG, les actionnaires ont été amenés, souvent à la suite de frondes de la part des institutionnels, à se prononcer sur le sujet ces dernières années lors des assemblées générales. Le FT rapporte que le fonds norvégien s’est servi de ses 0,8% chez JP Morgan et Bank of America ainsi que de ses 0,4% chez Goldman Sachs pour voter contre les structures duales.

Si jusqu’ici les établissements de taille systémique ont pu maintenir des structures monistes et les justifier par des raisons variées, le débat est loin d’être clos. Par exemple, chez Bank of America les investisseurs n’ont été que 63% en septembre 2015 à autoriser Brian Moynihan à avoir une double casquette. Un résultat des votes peu franc, qui reflète le combat mené par certains fonds attachés à l'indépendance du président, tels que Calpers et Calstrs. Pour mémoire d'ailleurs, à la suite de la crise et afin d’éviter les excès, les actionnaires de BoA avaient opté en 2009 pour la séparation des pouvoirs. Autre exemple : en début d'année, l’ajout du titre de présidente à Mary Barra, directrice de General Motors, a fait couler de l’encre. Si les commentateurs sont ravis de voir que des fonctions exécutives sont confiées à une femme, certains n’apprécient pas ce qu’ils considèrent comme un retour en arrière.

La tendance à Wall Street est donc à la combinaison des rôles, mais qu’en est-il du reste des grandes capitalisations ? Plus de la moitié du S&P 500 est dirigée par un PDG. Et dans le monde, en 2014, seul un nouveau directeur général sur 10 a également été nommé président, selon le FT. A noter qu’en Europe, les nouvelles règles imposent aux établissements de crédit la séparation des fonctions. Ce qui a notamment poussé la Société Générale à revoir sa gouvernance en nommant l'an dernier Lorenzo Bini Smaghi à la présidence du conseil. Si la règle, dite des quatre yeux, est vue comme un signe de bonne gouvernance, de nombreux experts estiment qu'il faut néanmoins rester pragmatique : les situations divergent d'une entreprise à une autres, les hommes aussi, d'où l'intérêt d'éviter tout dogmatisme en la matière.

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