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Sorti de la crise, Citi veut aller très (trop?) haut
Citi aura certes attendu près d’une décennie pour organiser une nouvelle journée investisseurs après la crise, mais elle n’a pas déçu les attentes. Dans son introduction, le CEO Michael Corbat a justifié ce long silence auprès des actionnaires : « Nous avons choisi ce moment car nous, le management et le board, pensons que Citi a franchi un point d’inflexion ». « Nous sommes désormais clairement sur le chemin de la croissance et de meilleurs rendements », a-t-il ajouté à une audience bienveillante. Le dirigeant a expliqué que la banque avait choisi de se concentrer sur des franchises et des marchés clés pour son avenir, ce qui donne aujourd’hui des « résultats tangibles ».
A titre d’exemple pour la banque qui a frôlé la faillite lors de la crise financière, il a ainsi cité Citi Holdings, l’entité qui regroupait les actifs de mauvaise qualité, qui a atteint son point mort en 2014 et n’est désormais plus une activité séparée tant elle est devenue peu significative. « Nous sommes en position de force en termes d’infrastructure réglementaire, de capital et de liquidité », a-t-il martelé. « Nous sommes en bonne voie pour améliorer le rendement des fonds propres et du capital », a-t-il lancé à l’égard des investisseurs, qui ont fait bondir le titre de près de 3% à la clôture de la séance.
Mais le marché a surtout applaudi des annonces très ambitieuses de la part du management. Citi compte ainsi atteindre un rendement sur fonds propres de 11%, contre moins de 8% aujourd’hui, ce qui signifie qu’il rendra 60 milliards de dollars à ses actionnaires d’ici 2020. Ensuite, la banque prévoit de générer un résultat net de 20 milliards de dollars par an à cette date, en hausse d’un tiers par rapport à aujourd’hui. Sur cette base et en appliquant les multiples du secteur, le titre Citi pourrait atteindre les 100 dollars à la fin de la décennie, une hausse de 47% par rapport à aujourd’hui, mais toujours inférieur de 80% si l’on compare à son niveau d’avant-crise.
La stratégie adoptée est claire : mettre l’accent sur la banque de détail, dont il souhaite améliorer les performances. Citi privilégie ainsi les services de gestion de fortune, de cartes de crédit et services digitaux, après avoir réduit drastiquement le nombre d’agences et de produits offerts dans les dernières années. Stephen Bord, patron de cette activité chez Citi, a fixé un objectif de retour sur equity tangible de 19% d’ici 2020. Le contexte de hausse des taux d’intérêt devrait certes être favorable à cette activité.
Les projections sont très ambitieuses, et portées par un rebond de 55% du titre dans la dernière année. Citi a aussi bénéficié du feu vert de la Fed lors des stress tests, ce qui lui permet d’enclencher son programme de distribution : le doublement du dividende et l’augmentation des rachats d’actions de 50%. Mais les chiffres données signifient que la banque devra distribuer 130% de son profit dans les prochaines années, afin de réduire l’énorme coussin de capital constitué après la crise. La banque pèche-t-elle par excès d’optimisme ? Difficile à dire, mais une chose est sure : la dernière fois que les banques ont misé sur l’essor d’une forme de crédit aux particuliers, cela s’est mal terminé.
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