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Arroseurs arrosés

Les fuites sur l'échec des pourparlers de rapprochement entre Suez Environnement et Veolia soulignent les faiblesses des deux groupes.
L'union fait la force mais les velléités d'union montrent la faiblesse des protagonistes. Alors que la France s'enorgueillit de posséder deux leaders mondiaux des services à l'environnement, Veolia et Suez se débattent depuis des mois avec une conjoncture maussade qui lamine leurs marges et rend leur endettement difficilement supportable. Après avoir adopté plusieurs plans de rigueur, les deux groupes ont donc cherché à se rapprocher. Même si cette hypothèse n'était pas un must, elle souligne que leurs situations stand alone ne sont pas idéales. L'échec des discussions a deux conséquences. D'abord il laisse chacun avec ses faiblesses. 14,7 milliards de dette pour 30 milliards de chiffre d'affaires et une marge opérationnelle en repli à 4,9% pour Veolia. 7,8 milliards de dette pour 15 milliards de chiffre d'affaires et une marge brute d'exploitation en baisse pour Suez Environnement. Ensuite, comme leur poids dans la distribution d'eau en France (60% à eux deux) était incompatible avec les normes de concurrence, l'échec souligne aussi la difficulté de trouver un repreneur pour une partie de cette activité. Selon Les Echos, c'est le pôle français de Suez qui aurait été cédé. Et deux repreneurs potentiels ont été approchés : Bouygues et Vinci. Or ni l'un ni l'autre ne se sont avérés intéressés. La Lyonnaise des eaux étant un plus gros morceau que SAUR, autrefois cédé par Bouygues, d'autres acteurs que les géants du BTP ne pouvaient guère être intéressés. Comme Vinci et Bouygues ont leurs propres problématiques avec les concessions d'autoroutes et les télécoms, on peut comprendre qu'ils n'aient guère envie de se développer dans une nouvelle activité hexagonale fortement régulée. Une fin de non recevoir qui a apparemment signé la mort du projet. La filiale de GDF Suez dont le pacte d'actionnaires arrive à échéance dans huit mois se retrouve donc seule avec ses problèmes. Tout comme Veolia. Avec des cours de bourse en chute de 46% pour la première et 65% pour la seconde, en trois ans, et un recul de 26 et 22% en un an les deux groupes ne pèsent plus que 4,3 milliards d'euros, chacun, en bourse. Un chiffre qui ne devrait malheureusement pas susciter les convoitises tant que les leaders seront victimes des conséquences de la crise sur leur activité propreté et de leurs propres vicissitudes à Melbourne ou en Italie.
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