Elliott tente la méthode douce sur Telecom Italia
Si la semaine s’annonce calme sur les marchés mondiaux pour cause de 1er mai, tel n’est pas le cas chez Telecom Italia qui joue son avenir vendredi, lors de l’assemblée générale du groupe. A cet égard, l’activiste Elliott a continué son intense campagne de communication, et publié un nouveau communiqué et une présentation ce matin. Il y déploie les mêmes arguments que dans les dernières semaines : après avoir relevé que Telecom Italia représentait un actif unique sur le marché italien des télécoms, il a estimé que le titre avait sous-performé et souffrait d’une décote liée aux problèmes de gouvernance de son actionnaire principal, Vivendi. Et de plaider pour la nomination d’un board véritablement indépendant, à savoir sa liste de dix administrateurs.
Le fonds dirigé par Paul Singer compare les deux listes et met en cause l’indépendance de Frédéric Crépin et Stéphane Roussel, par ailleurs deux hauts dirigeants de Vivendi, celle de Franco Bernabé – le deputy chairman et ancien CEO du groupe – mais aussi les deux administratrices indépendantes, Anna Jones et Camilla Antonini, qui étaient au board et ont démissionné à l’initiative de Vivendi afin de déclencher une recomposition du conseil. Et il valorise ses propres candidats : Fulvio Conti, ancien CEO de l’énergéticien Enel, Alfredo Altavilla, responsable EMEA de FCA Group, la maison-mère de Fiat, ou encore Luigi Gobitosi, administrateur d'Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique italienne, Raï.
Mais surtout, Elliott réaffirme son soutien total au management en place, emmené par le CEO Amos Genish dont le mandat a été confirmé le 24 avril dernier. Et n’hésite pas à lui donner des gages sur sa capacité à opérer les décisions qu’il souhaite : « En ce qui concerne les opportunités de cession (…), Elliott croit que l’équipe de management et un board indépendant devraient évaluer le bien-fondé et le timing de ces initiatives stratégiques, dans le meilleur intérêt de la création de valeur pour tous les actionnaires ». Il contre ainsi l’argument selon lequel il défend une direction mais pas son plan stratégique, sur trois points.
Tout d’abord sur la conversion des actions d’épargne, que le groupe se refuse à faire car il la juge complexe et coûteuse, Elliott affirme qu’elle réduira la décote du groupe mais admet qu’elle reste la décision des actionnaires. Ensuite, sur la possibilité de vendre une part minoritaire du réseau, Netco, et de Sparkle, la filiale de câbles sous-marins, l’activiste se félicite que le management évalue cette option, reconnaît que la stabilisation du cadre réglementaire est un prérequis indispensable et prône un « esprit ouvert » et un objectif de «création de valeur à long terme ». Enfin sur la déconsolidation de Netco pour verser un dividende, il se montre satisfait du retour de la dette à l’investment grade cette année, afin de verser un dividende en 2019. Cette séparation dépendra de la position concurrentielle de ses filiales et « reposera essentiellement sur le management ».
Elliott se pose ici en appui total du management et « cherche à assurer que Mr Genish et son équipe de management sont équipés pour maximiser la création de valeur attribuable au business plan de TIM ». Une stratégie inhabituelle pour l’activiste, qui parfois n’hésite pas à entrer en opposition frontale avec les directions de ses cibles et obtenir leur remplacement pour faire avancer ses idées. En appuyant un CEO nommé par Vivendi, l’activiste complique la tâche du Français, qui doit pointer du doigt les contradictions de l’activiste tout en mettant en avant sa propre stratégie et en ménageant les susceptibilités du gouvernement italien.
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