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Sur les marchés

Marchés : la volatilité devrait revenir de plus belle, la Fed prise au piège

Malgré la semaine d’accalmie, Mohamed El-Erian, chef économiste d’Allianz, considère que les facteurs déclencheurs de la volatilité sont toujours là. Les signaux négatifs extérieurs (Chine, pétrole) empêchent la Fed d’accompagner la reprise US.
Volatilité
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Enfin, les Bourses mondiales ont offert une semaine de respiration au investisseurs : l’indice S&P 500 a connu sa plus forte hausse hebdomadaire depuis novembre, ce qui a permis aux traders de consolider leurs gains. Pourtant, il ne faut pas crier victoire trop vite, selon Mohamed El-Erian, une figure écoutée puisqu’il n’est autre que le chef économiste d’Allianz, qui gère plus de 1 800 milliards d’euros dans de multiples stratégies. Interrogé sur CNBC, ce dernier a pointé du doigt trois facteurs négatifs qui pourraient faire repartir la volatilité de plus belle dans les prochaines semaines. Tout d’abord, l’affaiblissement continu de l’économie mondiale, couplé à une incertitude croissante sur l’efficacité des politiques des banques centrales et à la réduction du capital « patient ». Car les fonds souverains, qui jouent habituellement un rôle de stabilisation des marchés mondiaux, sont actuellement en phase de retrait en raison de la chute du baril.

Tout cela place la Fed dans une situation complexe car, si de l’avis de Mohamed El-Erian, « l’économie américaine se porte relativement bien », les vents contraires venus de l’extérieur l’empêchent de suivre la trajectoire de resserrement monétaire envisagée en fin d’année dernière. Les chiffres de l’inflation sortis vendredi sont encourageants : l’indice des prix hors alimentaire et énergie a grimpé de 0,3% en janvier, soit sa plus forte hausse depuis août 2011. Cela porte la progression à 2,2% sur douze mois, un record depuis juin 2012 et se situe dans les clous fixés par la Fed. Sans compter que le marché du travail continue à créer des emplois et que les hausses de salaires commencent à frémir. Que demander de plus ? « Si la Fed prenait sa décision seulement basée sur les US, elle devrait continuer à normaliser prudemment et doucement », analyse Mohamed El-Erian.

Et pourtant, les nuages venant de l’extérieur, à savoir le ralentissement et la transition économique de la Chine ainsi que le baisse du pétrole, attisent les inquiétudes et font trembler les Bourses, qui jouent aux montagnes russes. Si bien que les investisseurs changent d’avis en permanence sur le timing des prochaines hausses de taux. Alors que seulement 10% d’entre eux misaient sur une seule action de la Fed il y a encore une semaine (alors qu’elle en anticipait quatre en décembre dernier), ils sont désormais 53% à l’anticiper désormais. Et ils ne sont plus que 17% à parier sur une baisse des taux, contre 28% la semaine dernière.

C’est bien cette option de taux d’intérêt négatifs qui agite les esprits et a provoqué nombre de questions adressées par le Congrès à Janet Yellen. Celle-ci a indiqué que la banque centrale l’étudiait et s’est montrée très prudente sur cette possibilité, jugeant cette voie très improbable pour le moment. Cela n’a pas empêché les plus intenses spéculations, notamment sur l’impact que cela aurait sur des banques déjà malmenées ces derniers temps. Selon Matt O’Connor, analyste chez Deutsche Bank, des taux d’intérêt négatifs réduirait de 12 à 16 pb les marges nettes d’intérêt des banques américaines. Ce qui impacterait de 10% leurs bénéfices par action. Par ailleurs, les banques régionales seraient les plus touchées sur les prêts, qui représentent 70% de leurs actifs, contre 35 à 40% chez les banques globales et les brokers. Les premières verraient leurs rendements baisser de 22 pb, et de 15pb pour les deuxièmes.


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