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Natixis ou la méthode agile

La filiale cotée du groupe BPCE a présenté de très bons résultats trimestriels, avec une hausse de 28% de son résultat net, notamment grâce à la bonne dynamique des marchés equity, la gestion d'actifs et l'assurance. La stratégie « asset-light » du groupe dirigé par Laurent Mignon s’avère payante.
Natixis
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Après BNP Paribas, Natixis démontre que les banques françaises occupent une place de choix en Europe. La filiale cotée du groupe BPCE a ainsi dévoilé des résultats trimestriels de très bonne facture, avec un PNB en hausse de 9% à 2,41 milliards d’euros, et même de 12% sur ses métiers cœur (2,29 milliards d’euros), c’est-à-dire hors ses participations financières comme la Coface. L’activité a été tirée par les « global markets », en hausse de 20% sur un an, et notamment la très bonne dynamique des marchés equity (+33%), où les entreprises n’ont pas été dissuadées de mener à bien leurs opérations dans un contexte électoral. Par ailleurs, la banque a très bien performé dans la banque d'investissement et les métiers de conseils comme le M&A, une branche qui a progressé de 16% sur le trimestre. « Nous avons pris des parts de marché. Nous sommes sur des métiers de solutions aux clients, et non de flux, dont le marché est en baisse et où nous demeurons un petit acteur », a souligné Laurent Mignon, directeur général de Natixis, en marge de la présentation des résultats.

Le signe de la réussite d’une “stratégie asset light”, où priorité est donnée à la gestion d’actifs, les M&A, les paiements ou les financements sur toute la chaîne depuis l’origination. Pour preuve, la gestion d’actifs a très bien tiré son épingle du jeu, malgré la concurrence accrue des ETF et autres fonds indiciels passifs. La collecte nette a atteint 9 milliards d’euros au deuxième trimestre et 17 milliards sur les six premiers mois de l’année, même si elle finit en léger recul à 834 milliards d'euros en raison de l'effet change. Et Natixis engrange à plein les bénéfices du déploiement de son offre d’assurance vie dans les réseaux des Caisses d’Epargne, ce qui a fait plus que doubler son chiffre d’affaires sur ce segment. Il prévoit même de devenir le numéro deux du segment d’ici 5 ans.

Enfin les services financiers spécialisés (+2% sur un an), qui regroupent les activités de paiement, font l’objet d’ambitions tout aussi importantes de la part de la banque. Au deuxième trimestre, elle a ainsi finalisé la reprise de Payplug, solution de paiement par carte pour les petits commerçants, et a annoncé acquérir la majorité de Dalenys, pour les plus gros acteurs. Elle souhaite également lancer Fidor, en France cette année, une banque communautaire allemande rachetée l’an passé.

Au total, si le résultat net a grimpé de 28% sur ce trimestre, à 487 millions d’euros, le groupe n’a pourtant pas l’intention de se reposer sur ses acquis, et travaille déjà à inventer la banque de demain. “Pour gagner en agilité, en efficacité et continuer de nous développer en nous appuyant sur nos talents, nous avons engagé ce trimestre une transformation profonde de nos organisations, de nos process, de nos façons de travailler en saisissant toutes les opportunités offertes par l’innovation ; nous serons ainsi bien préparés pour démarrer notre prochain plan stratégique en 2018 », a indiqué Laurent Mignon.

Seule ombre au tableau : la sanction historique de 35 millions d’euros dont a écopé Natixis AM il y a quelques jours seulement, notamment pour mauvaise information de ses épargnants sur les fonds à formule. Une amende « injuste et disproportionnée », selon François Pérol, président du directoire de BPCE, qui a confirmé que le groupe souhaitait faire appel de cette décision, même si le montant a déjà été provisionné.

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