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BPCE place Natixis au coeur de ses projets de développement

2014 a été conforme aux objectifs pour le groupe dirigé par François Pérol. Natixis concentre tous les espoirs de croissance grâce à ses nouvelles attributions dans l'assurance suite à l'accord signé avec CNP Assurances et l'acquisition de la société de gestion DNCA et Leonardo & Co
François Perol
François Perol

François Pérol, le patron de BPCE a, comme Jean-Laurent Bonnafé à la tête de BNP Paribas, profité de la publication des comptes de son groupe pour remettre quelques pendules à l’heure concernant les prochains mois : "Nous voyons deux facteurs contraires, l'impact estimé des nouvelles réglementations (notamment le fonds de résolution français), évalué à 310 millions d'euros en 2017, et la courbe des taux, qui, si elle reste faible, conduira le groupe à revoir ses prévisions financières en 2017 et au-delà".

2014 a, dans l’immédiat, permis à l’établissement d’être en ligne avec ses objectifs fixés en début d’année. Il a vu son résultat avant impôt augmenter de 9,5 % sur un an, à 5,6 milliards d’euros et le résultat net part du groupe de 5,9 %, à 3,1 milliards d’euros. Le coût du risque a reculé de 13% à 1,8 milliard d’euros (après un précédent recul de 7,2% un an plus tôt).

Du côté des métiers et plus spécifiquement celui de la banque de détail, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne conservent des performances commerciales solides sur l’année 2014. Les encours d’épargne, y compris l’épargne centralisée, s’établissent à près de 600 milliards d’euros (+ 3,1%).

Par ailleurs, l’internationalisation du groupe s’accélère. Natixis a renforcé ses positions hors de France en banque de grande clientèle (avec l’ouverture d’un bureau de représentation à Los Angeles et le déploiement d’une offre fixed income au Japon) et en gestion d’actifs (avec, entre autres, le déploiement du modèle multi-affiliés en Europe).

Le groupe bancaire indique par ailleurs que son nouveau partenariat avec CNP Assurances, reposant sur trois volets, est définitivement validé pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2016. L'assurance est un important relais de croissance pour BPCE qui souhaite devenir un bancassureur de plein exercice. Il va notamment confier à sa filiale Natixis la gestion des contrats d'assurance-vie ouverts dans les Caisses d'Epargne à partir du 1er janvier 2016.

Natixis, filiale cotée du groupe, a dégagé de son côté un bénéfice en hausse de 17% l'an dernier, à 1,13 milliard d'euros, tirés par l'assurance et la gestion d'actifs. Elle a également amélioré sa rentabilité, avec une rentabilité des fonds propres (ROTE) à 8,3% fin 2014. Dans le cadre de son plan stratégique, elle vise un ROTE compris entre 11,5 et 13% en 2017. La banque a parallèlement annoncé une série d’acquisitions pour le moins symptomatique : Tout d’abord l’achat d’un bloc de 71,2% du capital de la société de gestion DNCA pour 549 millions d'euros, actuellement détenue par ses dirigeants, par le fonds américain TA Associates et par le groupe italien Banca Leonardo. A terme, Natixis a organisé sa montée à 100% au sein de l’établissement. DNCA est bien connu des milieux de la gestion d’actifs. Une bonne partie des fonds sont notamment gérés par une grande figure du métier : Jean-Charles Mériaux. DNCA gère à ce jour 14,2 milliards d’euros d’actifs. L’opération est une très belle nouvelle pour Natixis qui va pouvoir ainsi accélérer en Europe et en Allemagne.

L'autre projet d'acquisition porte sur Leonardo & Co, l'activité française de conseil en fusion-acquisitions de Banca Leonardo, spécialiste des entreprises de taille moyenne et des fonds d'investissements. Cette opération, d'un montant inférieur à 20 millions d'euros, permettra à Natixis d'élargir la base des clients susceptibles d’entrer en Bourse.

Répondant aux questions sur ses démêlés judiciaires, François Pérol a, par ailleurs, déclaré qu’il avait toujours agi en qualité de conseiller et qu’il n’était pas sorti du cadre de ses fonctions. Il a précisé que le procès aura lieu « prochainement, probablement cette année ».

François Pérol, dont le mandat court jusqu'en 2017, a également indiqué que cette affaire ne l'empêchait pas de diriger le groupe et n'avait pas d'influence sur sa façon de le faire. « Mon engagement envers BPCE n'a pas changé », a-t-il assuré, ajoutant que le conseil de surveillance de la banque lui avait renouvelé sa confiance lors de sa dernière réunion mercredi.

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