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EDF : la Bourse préfère voir le verre à moitié plein

L'énergéticien annonce de mauvais résultats 2017 mais la Bourse applaudit des deux mains. Les investisseurs ont plutôt en ligne de mire l'avenir du groupe, recapitalisé par son actionnaire public. Jean-Bernard Lévy, son patron, estime que les bases sont "dorénavant assainies".
EDF - siège
EDF - siège

Il est très intéressant de voir que malgré les piètres résultats 2017 annoncés par EDF, son titre bondit en Bourse de près de 8%. Pourquoi un tel mouvement ? Sur le papier, l’électricien n’annonce que de mauvaises nouvelles : il a dégagé l'an dernier un résultat net courant en recul de 31%, un Ebitda en baisse de 16,3% et un chiffre d'affaires en berne de 2,2%. Et si le résultat net part du groupe progresse de 11,3%, c’est en raison de l'effet positif d'une plus-value enregistrée au titre de la cession de 49% du holding détenant les titres RTE. Même le pôle énergie renouvelable sur lequel le groupe mise beaucoup a enregistré de mauvaises performances avec un Ebitda en baisse organique de 14,8%, pénalisé par la réduction des cessions d'actifs. Quant au dividende, il est divisé par 2 pour revenir à 0,46 euro contre 0,90 l’an passé.

Oui mais voilà. Les investisseurs ne s’intéressent manifestement plus à ces indicateurs (après qu’EDF les a certes prévenus par deux fois qu’ils seraient moins bons qu’anticipés) et regardent plus loin. C’est-à-dire à l’horizon 2018 et 2019. Et que voient-ils sur ces sommets ?

D’abord, qu’après que l’Etat a à nouveau mis la main à la poche en y injectant 4 milliards d’euros l’an passé, ses capitaux propres étaient remontés à 9 milliards d’euros. La manne publique est d’ailleurs très conciliante avec sa filiale puisqu’elle a accepté de voir sa rémunération réduite de moitié au titre du dernier exercice et d’être payée en titres. Par ailleurs, Jean-Bernard Lévy, le patron du groupe a dit viser pour 2018 un cash-flow "légèrement positif ou proche de l'équilibre" après dividende alors que cet indicateur s'est établi à -209 millions d'euros l'an dernier. "Nous repartons sur des bases assainies." 

Dans ce contexte, les mesures de réduction des charges opérationnelles sont amplifiées, l'objectif pour 2019 étant revu à la hausse à 1,1 milliard d'euros. De même attend-il un nouveau repli de l’endettement financier qui s’est établi à 33 milliards d'euros à fin 2017,contre 37,4 milliards un an plus tôt. Pour ce faire, il envisage la poursuite du programme de cessions d’actifs sans recours à une opération de croissance externe majeure.

A voir maintenant si ce regain d’intérêt des investisseurs boursiers va se poursuivre dans le temps. L’électricien est très sensible aux annonces sur les tarifs régulés, les avancées de ses nouveau concurrents (tels que Total) et la santé de son parc de centrales nucléaires. Et ce, d’autant plus qu’il est dorénavant à la tête d’un producteur de centrales, Areva NP, susceptible de le mettre en porte-à-faux avec certains de ses clients.  

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