ID Logistics ou la consolidation intelligente
Entré en Bourse l'an passé, le pure-player de la logistique contractuelle met la main sur CEPL pour constituer le deuxième acteur français du secteur. L'exemple même de la croissance externe vertueuse.
Introduit à la Bourse de Paris pile un mois avant Facebook, ID Logistics -qui pèse certes 200 millions d'euros de capitalisation et non pas 60 milliards de dollars- n'aura pas connu le parcours erratique de son aîné américain, loin de là. Le titre a déjà gagné plus de 40% depuis son IPO, et l'annonce faite aujourd'hui devrait achever de convaincre les investisseurs de la validité de ce business model.
Conseillé par Oddo Corporate Finance et Edmond de Rothschild Corporate Finance, ID Logistics vient ainsi d'annoncer qu'il rachetait son concurrent CEPL (assisté par Leonardo) au fonds bahreïni Arcapita, qui le détenait depuis 2008. La cible semble cumuler tous les atouts faisant d'elle le candidat idéal pour constituer le deuxième acteur français de la logistique contractuelle. Primo: la cible est d'une taille significative, puisqu'elle génère 180 millions d'euros et emploie 2200 personnes, mais pas écrasante pour l'acquéreur. Ce dernier propose une valeur d'entreprise de 115 millions d'euros, dont 65,5 millions pour les actifs immobiliers, soit 332 000 mètres carrés de locaux qu'il compte revendre d'ici un ou deux ans, afin de préserver son modèle "asset-light".
Pour un groupe qui a levé près de 30 millions d'euros lors de son IPO et affichait encore 45 millions d'euros de trésorerie à fin décembre 2012, cela ne pose pas de problème. ID Logistics déboursera 16,5 millions d'euros de cash, auxquels s'ajouteront 4 millions d'émissions de nouvelles actions et 75 millions de dette bancaire amortissable sur cinq ans. ID Logistics n'obère donc pas sa stabilité financière, et s'est même engagé à revenir dès fin 2014 à un ratio de dette nette sur Ebitda de 2 fois, et à un ratio de dette nette sur fonds propres de 1.
Au plan opérationnel, CEPL présentait tous les avantages pour son acquéreur. Le groupe est présent dans quatre pays, et notamment l'Allemagne et les Pays-Bas où ID Logistics n'avait pas encore pénétré et dans lesquels il pourra accompagner ses clients à l'avenir. Par ailleurs, il est spécialisé dans la préparation de détail mécanisée, c'est-à-dire les préparations de commandes de clients individuels dans la parfumerie, les cosmétiques, le textile ou encore l'électronique. Une ligne métiers et des secteurs que l'acquéreur, très introduit dans la grande distribution et l'industrie alimentaire, peut désormais ajouter à son champ de compétences.
Si les autorités de la concurrence donnent leur aval, le rapprochement de ces deux entités complémentaires permettra de créer le deuxième pure-player français de la logistique contractuelle, avec 800 millions d'euros de revenus annuels et 12 500 salariés, mais encore loin derrière Norbert Dentressangle et ses 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Mais le groupe coté sur le compartiment C d'Eurolist reste la meilleure preuve qu'il était possible de se coter en 2012, et d'enregistrer des performances record, malgré les vagues d'incertitudes sur la croissance mondiale et l'avenir de la zone euro. ID Logistics se positionne sur un marché encore éclaté (les 10 premiers acteurs français ne représentent que 40% du marché), où le taux d'externalisation des entreprises est encore faible (entre 30 et 45% selon les pays) et en croissance forte dans les pays émergents. Autant de pistes de développement que le management et les salariés du groupe, qui restent actionnaires à hauteur de 75% de leur société, auront à coeur de creuser dans les prochaines années. Un modèle de réussite qui devrait inspirer les responsables actuellement à l'oeuvre pour mettre en place la bourse des PME.
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17/09/2021 - 10:31

