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Carlyle se met au vert

Le fonds serait à l'origine d'une OPA de 880 millions de dollars sur le spécialiste britannique du traitement des déchets Shanks. Une belle affaire s'il y met le prix.
Les sirènes de la Bourse se font de plus en plus pressantes aux oreilles des fonds. Pour leurs sorties comme pour leurs investissements. Car les prix sur les marchés sont - depuis un moment déjà - alléchants et la dette d'acquisition revient enfin. Carlyle est l'un des premiers à dégainer: il serait à l'origine d'une OPA sur le britannique Shanks, spécialiste du traitement des déchets. La réactivité sera-t-elle payante? Shanks a déclaré avoir reçu une offre à 135 pence par action, soit une valorisation de 535 millions de livres (595 millions d'euros) et une prime de plus de 50 % sur le cours de clôture du titre. Mais cela n'a pas été jugé suffisant par le management et les deux principaux actionnaires - Legal & General et Schroders, détenteurs de 25 % du capital - qui ne consentiraient qu'à 150 pence minimum. On pourrait de prime abord les trouver assez gourmand, mais ce serait oublier qu'une cession plus basse ne leur permettrait pas de rentrer dans leurs frais. Ils ont principalement investi dans la société en 2007, année pendant laquelle l'action a oscillé entre 200 et 220 pence l'action. Donc Schroders, estime qu'un prix de 150 pence par action serait une valeur appropriée pour les actionnaires, on ne peut que consentir. D'autant qu'une telle opération valoriserait la cible 7,1 fois l'Ebitda, soit bien moins que les dernières deals de sociétés britanniques dans ce secteur, où les mutliples tournaient plutôt autour de 10 fois l'Ebitda. Certes, la crise est passée par là, les ambitions sont plus modestes et le marché de la dette encore difficile. Mais il convient de souligner que la cible a plusieurs atouts. Tout d'abord, elle relève d'un secteur en vogue et qui a de beaux jours devant lui: les services à l'environnement. Ensuite, si elle séduit tant les investisseurs, c'est aussi que cette activité rassure. Les contrats de 25 ans signés par les prestataires promettent des cash flows récurrents, des revenus stables et en progression. Enfin, Shanks a montré sa capacité d'adaptation en temps difficiles. Cette année, le groupe a procédé à une augmentation de capital de 70 millions de livres et cédé des actifs, pour réduire sa dette de moitié à fin septembre. Ces qualités pourraient inciter d'autres fonds et concurrents européens - comme Suez Environnement - à manifester eux aussi leur intérêt. Pour ce beau parti, Carlyle pourrait avoir à y mettre la dot.
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