Veolia accélère son recentrage
Parallèlement à sa cure d'amaigrissement, le groupe de services à l'environnement va mettre les bouchées doubles sur les pays en croissance et les services aux industriels.
Qui trop embrasse mal étreint. Victime de sa boulimie d'acquisitions et pris à contrepied par la crise, Veolia Environnement avait lancé un ambitieux programme de cessions d'actifs. Plus de 3,3 milliards d'euros ont ainsi été vendus l'an dernier dans l'eau au Royaume-Uni, les déchets et l'éolien aux Etats-Unis ou la propreté en Suisse, en Estonie et en Lituanie.
Mais le groupe dirigé par Antoine Frérot ne pouvait se contenter de céder des pans entiers de son activité pour ramener sa dette nette à 12 milliards d'euros fin 2014. Il devait aussi offrir des perspectives plus chatoyantes aux investisseurs, échaudés par une chute boursière de 61% en trois ans et de 82% en cinq ans.
Veolia Environnement vient donc d'annoncer le nouveau contour de la physionomie qu'il vise d'ici 2017. Alors qu'il ne réalise aujourd'hui que 35% de son activité avec des clients industriels, cette proportion devrait s'accroître de moitié pour atteindre 50% dans cinq ans.
Parallèlement, le groupe dont 65% du chiffre d'affaires est effectué en France, Allemagne, Royaume-Uni et Amérique du Nord, va porter à plus de 50% sa part dans les pays en croissance d'Europe centrale et de l'est, Asie, dont la Chine, Australie, Moyen-Orient et Amérique Latine.
La cession d'activités dans les pays matures et des développements ciblés dans les pays émergents permettront d'atteindre cet objectif, qui devrait booster la croissance et les résultats sans obérer la situation financière.
Veolia Environnement a également confirmé son plan d'économies de coûts de 270 millions cette année, 370 millions l'an prochain et 500 millions en 2015. De quoi conforter le versement d'un dividende de 0,70 euro par action (365 millions d'euros), qui représente 170% du bénéfice attendu en 2012 mais seulement 110% de celui de 2013 et 88% de celui de 2014. En puisant d'abord sur la trésorerie excédentaire liée aux cessions puis en revenant à des standards plus normaux, le champion des services à l'environnement offre ainsi une bonne visibilité aux investisseurs.
Comme l'amélioration de sa rentabilité fera revenir son PER de 22 fois les résultats 2012 à 15 fois ceux de 2013 et 11,2 fois ceux de 2014, ces ratios raisonnables laissent encore une marge à l'amélioration de sa valorisation boursière.
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17/09/2021 - 10:31

