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L'Italie dans l'oeil du cyclone

Même si les taux se maintiennent au niveau actuel, l'objectif de stabilisation de la dette en 2013 serait encore possible. Le principal défi du pays n'est pas tant le coût de refinancement que sa capacité à trouver des acheteurs.
L'Italie a dû affronter un marché obligataire en pleine tourmente ce matin lors d'une émission de titres à un an, la première depuis que les taux à dix ans du pays ont franchi la barre des 6% le 26 octobre, et des 7% dans la journée d'hier. Sans surprise donc, le pays a payé le prix fort, 6,08%, afin de lever les 5 milliards escomptés contre 3,57% lors de la dernière émission le 11 octobre. Et malgré un rendement près de deux fois plus attractif, la demande a été quasiment la même (1,89 fois supérieure à l'offre). Plus que la hausse des taux, la capacité à trouver des acheteurs sera le principal défi du pays dans les prochains mois. Car, selon les analystes de Natixis, le pays devrait parvenir à stabiliser sa dette publique d'ici deux ans. Selon leurs calculs, le solde primaire devrait atteindre 2 à 2,5% en 2012 (contre 3,7% selon le gouvernement), compte tenu des mesures de consolidation annoncées. Côté charges des intérêts de la dette, deux éléments sont à prendre en compte: le montant des besoins de financement (240 milliards d'euros environ en 2012, environ 15% de la dette négociable, contre 215 milliards cette année), et la hausse actuelle du coût de financement. Le Trésor devrait vraisemblablement ajuster sa stratégie d'émission, en privilégiant les titres cours, moins coûteux, et en minimisant les émissions de début d'année, afin de bénéficier d'un possible repli des taux d'intérêt courant 2012. En attendant, "le Trésor pourra également utiliser une ligne de liquidité disponible auprès de la banque d'Italie pour refinancer ses emprunts", explique Paola Monperrus Veroni, économiste au Crédit Agricole. Ensuite, selon l'économiste, le rendement moyen en 2011 sera de près de 5%. Il correspond au taux qu'il faudra appliquer sur les 240 milliards d'euros de dette arrivant à échéance l'année prochaine. Avec un excédent primaire de 2,5% au maximum l'année prochaine, le pays ne devrait donc pas parvenir à stabiliser sa dette dès 2012. Mais étant donné le programme d'austérité validé, le niveau de dette devrait se stabiliser dès 2013. Selon le rapport de stabilité de la Banque d'Italie, une hausse de 1% des taux d'intérêt à partir de 2012 entraînerait une hausse de la charge de la dette de 0,2% de PIB la première année, de 0,4% la deuxième et de 0,5% la troisième année. "Entre 2012 et 2013, la charge des intérêts de la dette ne devrait passer que de 5,1% du PIB à 5,3% du PIB, ce qui est raisonnable", poursuit l'économiste. Même le pire des scénarios établis par la Banque d'Italie (pas de croissance, hausse de 2% des taux) ne devrait pas pour autant remettre en cause la soutenabilité des finances publiques du pays. D'autant que la maturité moyenne de la dette italienne est de 7 ans, ce qui laisse le temps au marché de s'apaiser. La réelle difficulté du Trésor résidera surtout dans la capacité à trouver des acheteurs à court terme, alors que les banques se débarrassent massivement de leurs titres et que les résidents, détenteurs à 58% de la dette du pays, ont été fragilisés par la crise et risquent de se désengager. La mise en place rapide des mesures d'austérité sera donc déterminante pour rassurer les marchés et attirer les investisseurs.
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