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La livre au plus bas contre l'euro depuis plus d'un an
La livre perdait du terrain ce matin, en cette première séance depuis le sommet européen de vendredi soir, qui a pourtant permis au premier ministre britannique d’obtenir les concessions qu’il souhaitait pour rester dans l’UE. La livre/euro s’échangeait ainsi à 1,2811 soit une baisse de plus de 1% depuis l’ouverture et de 5,4% depuis le 1er janvier. Rappelons, qu’à la mi novembre la devise britannique s’échangeait encore à 1,42 contre l’euro soit une chute de 10% en trois mois.
Les Etats européens ont préféré céder aux requêtes britanniques plutôt que de risquer de voir le pays sortir de l’UE : le texte du compromis acte donc d’un abandon explicite par Londres de toute participation à un projet d’union politique, d’engagements supplémentaires de Bruxelles sur le respect de la libre circulation des capitaux et la réduction des charges administratives, mais surtout de la possibilité de restreindre la libre circulation des travailleurs de l’UE et leur accès aux prestations sociales pendant une durée de quatre ans et pouvant être étendue pendant 7 ans après leur arrivée sur le sol britannique. « L’accord négocié par David Cameron vise à réaffirmer la place des pays non membres de la zone euro au sein de l’Union Européenne, ce qui laisse suggérer de nombreuses concessions de la part des 27 pour convaincre le premier ministre britannique de rester dans l’UE », explique ainsi Sylvain Loganadin, analyste chez FXCM.
Malgré un compromis qui fait donc la part belle aux exigences britanniques, la devise du pays devrait continuer de s’enfoncer d’ici au référendum qui aura donc lieu le 23 juin prochain. Alors que David Cameron fera campagne pour le maintien de son pays dans l’UE, plusieurs figures marquantes de la scène politique britannique se sont démarquées du premier ministre, à commencer par le maire de Londres Boris Johnson, qui a annoncé hier soir qu’il souhaitait la sortie de l’UE. « La décision de Boris Johnson, la seconde personnalité la plus influente après David Cameron et que les électeurs écouteront, de faire campagne pour le Brexit, va forcément peser sur la confiance des entreprises et ménages », estiment les analystes de Natixis. « La faiblesse de la livre devrait néanmoins permettre de booster les exportations du pays », poursuivent les analystes. Au sein du gouvernement de Cameron, les ministres de la défense et de la justice se sont également positionnés pour une sortie de l’UE, et 150 parlementaires, ont annoncé qu’ils voteraient contre, soit près de la moitié des élus (sur 331 députés).
Les divisions au sein du camp conservateur sur le sujet devraient accentuer les incertitudes quant à l’issue du vote ces prochains mois, et pousser la devise vers le bas. « Le marché anticipe dès à présent une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne en vendant notamment la livre Sterling de façon soutenue, ce qui laisse la porte ouverte aux velléités baissières sur la devise britannique », explique encore Sylvain Loganadin de FXCM. Selon l’analyste, la livre pourrait atteindre 1,24 contre l’euro, d’ici au 23 juin…
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