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Wells Fargo, le vilain petit canard de Wall Street

La banque américaine a écopé d’une amende d’1 milliard de dollars pour avoir vendu des assurances hypothécaires et automobiles inutiles à ses clients, soit la plus forte sanction de l’administration Trump. Le sort s’acharne sur celle qui a déjà payé un lourd tribut après le scandale de ses comptes frauduleux.
wells fargo
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Wells Fargo n’en a pas fini avec son chemin de croix. Ce vendredi, la banque américaine a annoncé qu’elle était parvenue à un accord avec les autorités de régulation, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) et le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB), et devra verser une amende de 1 milliard de dollars pour avoir forcé ses clients à prendre des assurances automobiles et des protections de taux d’intérêt sur des prêts hypothécaires. Par conséquent, la banque doit provisionner 800 millions de dollars supplémentaires sur ses résultats du premier trimestre, soit une réduction de 17 cents du bénéfice par action pour ses porteurs de parts, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Cette sanction est la plus lourde prononcée par l’administration Trump depuis son arrivée au pouvoir, et montre l’ampleur du ressentiment pour l’institution, qui a déjà défrayé la chronique lors du scandale des 3,5 millions de comptes frauduleux révélés en 2016. Alors que le Président était réputé pour sa volonté de desserrer l’étau réglementaire sur les banques, il n’a pas appliqué cette clémence à Wells Fargo, promettant sur Twitter en février que les amendes infligées à la banque seraient « augmentées substantiellement ». « Je vais réduire la régulation, mais donner de sévères pénalités quand on est pris en train de tricher », avait-il assuré.

C’est donc chose faite, mais certains analystes pointent que Wells Fargo a déjà payé le prix fort pour son ancienne culture de maximisation des revenus au mépris du client. La banque a ainsi provisionné 4,25 milliards de dollars l’an passé pour ses dossiers litigieux et a déjà payé 185 millions de dollars pour solder l’affaire des comptes frauduleux. En février dernier, la Fed a également jeté l’opprobre sur le groupe, puisqu’elle lui a interdit d’augmenter son bilan au-delà des 2.000 milliards de dollars qu’elle affichait à fin 2017, une mesure qu’elle n’avait encore jamais prise pour toute autre institution.

Les actionnaires de Wells Fargo ont aussi largement pâti de cette crise de réputation, dans une période particulièrement favorable aux banques en Bourse. Le titre a ainsi grimpé de 38% sur cinq ans – soit depuis le début du scandale – tandis que celui de ses concurrentes JP Morgan et Bank of America a plus que doublé, et presque triplé chez Morgan Stanley. Pourtant, la banque a pris les mesures qui s’imposaient : elle a remercié le CEO John Stumpf et la responsable de la banque communautaire, Carrie Tolstedt, leur a confisqué leurs bonus de près de 70 millions de dollars chacun, et a renouvelé le board. Elle a aussi engagé de vastes dépenses pour donner des gages au régulateur mais aussi pour régler les litiges et autres class actions nées de ces affaires, qui ont impacté ses performances.

L’avenir pourrait enfin s’éclairer pour Wells Fargo : la Fed pourrait décider de lever son interdiction sur ses actifs, et a donné 60 jours à la banque pour montrer patte blanche, c’est-à-dire prouver qu’elle avait amélioré ses mécanismes de compliance et de gestion des risques. Il reste à souhaiter, pour ses actionnaires mais aussi pour la stabilité et la confiance dans les institutions financières américaines, que la banque dirigée par Tim Sloan mette enfin les vieux dossiers au placard pour mieux rebondir.


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