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Après Uber, Paris s’en prend à la « licorne » Airbnb

Le site de locations de logements entre particuliers a levé 1,5 milliard de dollars avec une valorisation de 25,5 milliards de dollars. Mais Paris, son premier marché mondial, a décidé de partir à la chasse contre les hôtes non résidents.
Airbnb logo
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La Ville Lumière est décidément bien peu accueillante avec les « licornes », ces start-up américaines qui lèvent des fonds à des valorisations supérieures au milliard de dollars. Après la grève des taxis qui a dégénéré en conflit ouvert avec UberPop en fin de semaine, c’est désormais Airbnb qui doit subir le coup de filet des autorités publiques de Paris.

Le site de locations de logements entre particuliers fait ainsi l’objet de nombreuses nouvelles réglementations en Europe afin de circonscrire une activité encore nouvelle. Paris est un gros enjeu : la ville est le plus gros marché d’Airbnb dans le monde, avec 40 000 offres disponibles et 517 000 visites l’été dernier. Soit un chiffre mutliplié par 20 en seulement trois ans, et autant que les villes de San Francisco, New York et Chicago réunies ! En France, une loi passée en 2013 limite les locations courte durée et autre propriétaires à louer leurs logements plus de quatre mois par an, afin de lutter contre les achats immobiliers à but purement commercial. Airbnb estimait que seulement 17% des annonces disponibles concernent des logements qui ne sont pas habités par leurs propriétaires. La Mairie de Paris a voulu vérifier cela en lançant une opération sur 2000 logements dans le Marais, qui ont donné lieu à environ 100 violations de la loi.

Contrairement à Uber qui applique une attitude plus dure à l’égard des pouvoirs publics, Airbnb a déjà fit preuve de bonne volonté puisque le groupe américain a accepté de s’acquitter d’une taxe de séjour à l’instar de celle que paient les hôtels et autres groupes de tourisme. Et incite depuis peu les hôtes français à déclarer leurs revenus auprès des autorités fiscales. Ces efforts ne sont toutefois pas payants partout puisque les autorités catalanes ont déjà infligé des amendes de 30 000 euros à Airbnb pour avoir publié des annonces de personnes qui n’habitaient pas leur logement. Idem en Allemagne, où un projet de loi prévoirait l’interdiction de louer son logement à courte durée sauf autorisation spéciale.

Malgré ces déconvenues, le marché européen est très prometteur pour la firme qui y génère désormais la moitié de ses revenus, contre 15% en 2011. Cela n’a pas échappé à ses investisseurs, qui ont propulsé la valorisation lors de son dernier tour de table . Airbnb vient ainsi de lever 1,5 milliard de dollars sur une valorisation de 25,5 milliards de dollars ! Des noms prestigieux sont ainsi entrés au capital, comme le fonds de Singapour Temasek, les chinois Hillhouse Capital et China Broadband Capital et des VCs américains de premier plan comme General Atlantic ou Tiger Global Management. Airbnb a bouclé la troisième plus grosse levée de fonds privée de l’histoire, derrière Uber (2,8 milliards levés cette année), Alibaba (1,6 milliard en 2011) et bien sûr Facebook, qui avait collecté 1,5 milliard de dollars en 2011 avant son IPO. Elle figure désormais comme troisième start-up non cotée la mieux valorisée, derrière le chinois Xiaomi (46 milliards de dollars) et Uber (41,2 milliards). La société qui a dégagé 900 millions de dollars de revenus l’an passé, se paie 28,2 fois son chiffre d’affaires, contre 2,4 fois pour les hôtels Hilton ou Starwood, 2,1 fois pour Expedia, et 1,4 fois pour Marriott.


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