BPCE s'intéresse à la Suisse
L'opération n'est pas d'envergure mais elle est symptomatique de la volonté de BPCE de diversifier ses activités à l'heure de la réduction de bilan des différentes BFI des grands établissements français : le groupe a ouvert, il y a un an une banque de détail à Genève, la Banque du Léman, et entend bien la développer. Pour son premier anniversaire, les dirigeants de l'établissement faisaient aujourd'hui un point d'étape. Filiale à 100% de la Caisse d'Epargne Rhône Alpes, cette banque est partie de rien en 2014 avec la volonté de permettre à une clientèle frontalière de disposer d'une offre de produits suisses à part entière.
A ce jour, elle compte 1.300 clients, avec une accélération significative du nombre d'ouvertures de compte ces derniers mois. Ils sont à 80% Français et très majoritairement des clients de la Caisse d'Epargne Rhône Alpes. "Ce que nous voulions, c'est proposer une offre de diversification. Créer une banque un peu différente qui ne fasse pas de gestion de fortune mais se montre attractive par sa taille humaine ", assure Stéphanie Paix présidente du conseil d'administration de la Banque du Léman et patronne de la Caisse d'Epargne Rhône Alpes.
La "zone de chalandise" est certes très riche puisque selon de récentes statistiques, le PIB de Genève atteint 54 milliards de francs suisses. Reste maintenant aux promoteurs de ce projet et notamment Christian Lefaix, le directeur général de cette banque à attirer une clientèle locale. Son objectif est de dénombrer 10.000 clients d'ici à 5 ans "On est là pour 200 ans, pas pour faire un coup. Nous avons donc notre temps et nous comptons bien être à l'équilibre financier dès 2018", prévient-il. La banque n'a, certes, pas d'historique et doit séduire pour attirer de nouveaux adeptes. Parmi ses arguments phares : la relation privilégiée développée avec le client, sa réactivité de par sa taille et son esprit start-up qui l'oblige à être à la pointe de l'innovation côté offre digitale.
Le projet est ambitieux car cela faisait bien 20 ans que la Suisse n'avait pas connu l'ouverture d'une banque de détail. Les dirigeants du groupe BPCE savent toutefois qu'ils ne sont pas les seuls sur ce marché et qu'ils ne réussiront leur pari qu'en étant réellement différents. "L'axe Rhône Alpes/Genève est ultra dynamique. Nous sommes très optimistes sur l'avenir de ce projet", précise Stéphanie Paix qui songe déjà à dupliquer l'expérience à Lausanne et ouvrir un centre d'affaires dédié aux PME dès 2017. Comme quoi, les déboires connus par les grandes banques suisses actuellement ne découragent pas toutes les initiatives et surtout pas françaises.
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