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Brexit : les banques US cherchent les faveurs de Theresa May

Selon Financial News, les principales banques d'investissement américaines font pression sur la Premier ministre britannique pour avoir la garantie de pouvoir continuer à commercialiser leurs produits sur le Vieux continent post-Brexit.
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La City n'est pas la seule à faire du lobbying auprès de Theresa May pour faire valoir ses intérêts lors des négociations sur le Brexit. Selon les informations de Financial News, les principales banques d'investissement américaines, menées par Goldman Sachs, devraient publier un document d'une centaine de pages, afin de faire connaître leurs priorités à la Premier ministre : l'une des principales requêtes serait qu'elles puissent continuer à exercer leurs activités dans le Vieux Continent, depuis leur siège londonien, dans le cadre d'un élargissement de la réglementation européenne. Ce qui leur éviterait de délocaliser une partie de leurs équipes dans l'UE.

Rappelons que pour le moment, les banques britanniques et internationales basées en Grande-Bretagne peuvent commercialiser leurs produits dans tous les pays de l'UE, sans autorisation préalable, grâce au fameux système de passeport européen, mis en place en 1993. En fonction de ce que le gouvernement britannique parvient à obtenir de l'UE, le passeport pourrait être supprimé pour les institutions financières basées à Londres. Ce qui explique la requête des banques américaines.

Les banques britanniques ont déjà réagi à cette demande express de leurs consoeurs américaines, estimant qu'une telle modification de la réglementation serait plus favorable aux banques d'investissement qu'aux autres. Ce à quoi les banques américaines ont répondu qu'un tel type de mesures était fréquent dans les accords de libre échange concernant le secteur financier, et qu'elles allaient dans tous les cas obtenir un régime moins favorable que celui dont elles disposent avec le passeport. 

Les banques américaines espèrent bénéficier d'une disposition déjà existante dans le droit anglais ( "overseas persons" exemption), qui permet à des banques non européennes d'exercer un certain nombre d'activités financières, de trading, de conseil ou d'investissement, et de recevoir des prêts d'investisseurs institutionnels ou d'entreprises sur le territoire britannique, et sans avoir besoin d'autorisation pour exercer dans le pays. Les banques américaines souhaiteraient que ce droit d'exemption pour les banques non européennes soit intégré dans l'accord sur le Brexit, afin de leur permettre de poursuivre leur activité sans changement post-Brexit. 

Si aucune des banques ou institutions représentantes n'a pour l'instant souhaité commenté l'information de Financial News, il est certain que les grandes banques internationales basées à Londres, où est situé leur siège européen pour traiter avec l'ensemble du Vieux continent, pourraient délocaliser une partie de leur activité si aucun système comparable au passeport n'est mis en place post-Brexit. Plusieurs, telles que Nomura, Morgan Stanley ou Citigroup, ont d'ailleurs déjà annoncé qu'elles avaient choisi Francfort pour déplacer leur siège européen, tandis que BofA devrait s'établir à Dublin, même si la banque envisage d'installer ses activités de trading à Paris ou Francfort.

Une autre option pour les banques internationales et britanniques serait de conserver leurs lignes de métier, leurs fonctions support et le booking à Londres et de ne déplacer que les activités liées à la commercialisation des produits. Le passeport européen ne concerne en effet que la commercialisation des produits financiers, et non  les activités de back-office, d'analyse ou de services juridiques. Pour le moment pourtant, les grandes banques américaines semblent pencher vers le déménagement de leur centre régional sur le Vieux Continent. 

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