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J-2 : la dette italienne sous pression

Deux formations politiques en lice sont en faveur d'un référendum sur le maintien du pays dans l'UEM. En tête, le parti de Bersani pourrait être trop faible ou ne pas obtenir la majorité au Sénat.
Les titres italiens à dix ans sont sous pression, à deux jours d'élections cruciales pour l'avenir économique du pays. Ainsi les taux des obligations du pays se sont tendus de 25 points de base en un mois et s'échangeaient ce matin à 4,45%, tandis que les primes de risque contre le défaut italien se traitaient à 253 points de base contre 238 pb le 14 février selon Markit. Certes, on est encore loin des records de juin dernier, avant que Mario Draghi n'annonce son programme de rachats de titres en montants illimités OMT. Le rendement des titres dépassait alors les 6,5% et les CDS, 485 pb. Mais ces tensions laissent présager du pire pour le marché obligataire italien en cas de fiasco électoral. Selon les derniers sondages légaux, le parti de Bersani de centre gauche était donné vainqueur avec 35% des voix mais en perte de vitesse, tandis que celle de centre droit n'est plus qu'à 7 points d'écart contre 17 points en novembre. D'où l'inflexion à droite récente du discours de Mario Monti, dans l'hypothèse où sa coalition serait trop faible. Au dernier jour des enquêtes d'opinion, en fin de semaine dernière, 40% des italiens étaient encore indécis. Plusieurs sujets inquiètent les marchés : l'euroscepticisme de la coalition du Peuple de la liberté (Berlusconi), qui pourrait emporter jusqu'à 30% des voix et du Mouvement des cinq étoiles, crédité de 18% des votes. "Deux des sept partis en liste (Ligue du Nord et Movimento 5 Stelle) sont en faveur d'un référendum sur l'adhésion du pays à la zone euro", explique Vincenzo Scarpetta, chercheur au sein du think tank Open Europe. Une tendance qui s'explique par une année de forte austérité impulsée par Mario Monti. Actuellement, ce dernier se positionne davantage à droite, afin de récupérer des voix de partis minoritaires si la coalition est trop faible. Selon un euro député italien, Niccolo Rinaldi, "l'Europe est devenue synonyme de sang et de larme" pour les citoyens du pays. Selon lui, Mario Monti n'a pas su mettre en valeur les aspects positifs de l'appartenance à l'UE, entraînant un sentiment de rancoeur chez les italiens. En un an, ceux-ci ont vu la taxe foncière et la TVA augmenter, tandis que les politiques de redistribution ont diminué afin d'assainir la dette de l'Etat. "Les élections italiennes ont tourné en un référendum pour ou contre la discipline budgétaire et les réformes structurelles. Cinq partis représentant 50% des intentions de vote se sont prononcés en faveur de la fin des mesures de rigueur imposées par Bruxelles", explique encore Vincenzo Scarpetta. Dans ces conditions, les investisseurs craignent fort que le nouveau gouvernement, sans doute composé d'une coalition Bersani-Monti, ne parvienne pas à poursuivre les réformes de rigueur déjà engagées. Surtout que le parti de centre gauche et celui de Monti pourraient ne pas avoir la majorité au Sénat. "Le système électoral est différent pour la chambre des représentants et le sénat", poursuit le chercheur. Ce qui signifie que même si la coalition l'emporte à la chambre basse, cela pourrait ne pas être le cas au Sénat. "Sachant qu'en Italie, les deux chambres ont exactement le même pouvoir, à la différence de la France". Pour compliquer encore la donne politique, Bersani est lui-même à la tête d'une coalition qui réunit le centre gauche et un parti écologiste, plutôt opposé aux propositions de Mario Monti. Dans ces conditions et en l'absence de chiffres récents sur les intentions de vote des italiens, on comprend les tensions sur les taux italiens, qui pourraient s'emballer de plus belle au lendemain des élections si elles donnaient lieu à un come-back du Cavaliere.
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