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Ce que Sarkozy doit dire à Papandreou

Le Président français reçoit à 17 heures Georges Papandreou, Premier ministre grec. Voilà trois conseils qu'il pourrait lui donner.
Après avoir rendu visite à Angela Merkel en début de semaine, Georges Papandreou, le premier ministre grec sera ce soir à l'Elysée. Le but de ces visites est à la fois de remercier Paris et Berlin pour leur rôle joué, depuis le 21 juillet dernier, dans la recherche d'une solution globale pour la Grèce, mais aussi de lever certaines ambiguïtés sur le peu de coopération trouvé par la Troïka à Athènes, le peu d'empressement de la Grèce dans la mise en oeuvre de ses réformes, et une certaine passivité du gouvernement grec dans cette période difficile pour la Grèce, l'Europe et l'Euro. En lieu et place d'habituels échanges d'amabilités et de propos habillés dans un langage de pure diplomatie, voici trois conseils que Nicolas Sarkozy pourrait utilement donner au chef de l'éxécutif grec. Premier conseil : s'attaquer d'urgence à l'économie souterraine qui représenterait maintenant, selon plusieurs sources 35 à 40 % du produit intérieur brut de la Grèce. Ce n'est pas seulement une question d'efficacité et de nécessité économique. C'est d'abord une question de morale vis-à-vis des grecs auquels tant d'efforts ont été demandés et vis-à-vis de l'Europe qui va tout de même apporter 159 milliards d'euros à Athènes. Deuxième conseil : instaurer d'urgence un contrôle des changes aux frontières de la Grèce, avant même le versement -encore hypothétique - des prochains chèques à venir de la part de l'Union Européenne et du FMI. Chèques qui devraient être envoyés, en principe, dans la deuxième quinzaine du mois d'octobre. Puisque l'état grec a fait la preuve d'une sous-administration incroyable, puisque la fiscalité y est toujours balbutiante, et puisque l'argent des grecs est davantage à Genève, Londres ou Chypre qu'à Athènes, la moindre des choses, avant que d'envoyer quelques milliards d'euros dans un pays aussi mal géré est de s'assurer au préalable que cet argent ne quittera pas le pays, dés le lendemain, à travers des circuits plus ou moins obscurs. Troisième conseil : le Premier ministre grec s'est engagé, depuis plusieurs mois à réaliser un programme de privatisations portant sur environ 30 milliards d'euros. Dans le contexte actuel, et compte tenu du fait que la Bourse d'Athènes représente une capitalisation boursière de 28 milliards, cela relève de la gageure. Pour faire dans l'efficacité, NIcolas Sarkozy devrait donc recommander à Georges Papandréou qu'il laisse le soin à Bruxelles, au FMI où à une entité indépendante comme la BEI d'organiser elle-même ces privatisations, par un système d'enchères internationales, totalement ouvert et transparent. Le but étant de faire en sorte que cet argent rentre vite dans les caisses du trésor grec, et qu'il y reste. Ces trois précautions auraient dû être prises depuis longtemps par l'Union Européenne, la BCE et le FMI. Il est encore temps d'annoncer publiquement l'instauration de ces trois mesures-clé. Et ce qui est bien plus difficile, mais ô combien nécessaire, de les mettre en oeuvre.
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