Un banquier normalien à la conquête de la Chine
Les Bourses asiatiques connaissent un sérieux retour de bâton depuis plusieurs semaines. Après avoir, certes, grimpé à un rythme hallucinant au cours du premier trimestre. Ce qui n’empêche pas certains de fonder de très gros espoirs sur l’axe France/Chine.
C’est le cas de Cyril Benoit, banquier d’affaires au profil atypique. Normalien de 41 ans, il débute en effet sa carrière en tant que plume de Laurent Fabius lorsqu’il était au perchoir de l’Assemblée Nationale. Il gravite alors dans différentes sphères publiques dont la direction du Trésor. Il part ensuite dans le privé en rejoignant une grande figure de l’immobilier français : Léon Bressler dont il dévient le chargé de mission avant de diriger le pôle M&A d’Unibail. Il participe d’ailleurs à la préparation de son rapprochement avec Rodamco, opération qui fera de la foncière fondée par Bressler la plus grosse entité européenne. En 2008, il part d’ailleurs rejoindre son mentor parti à Londres pour lever des fonds dans l’immobilier. Pour l’anecdote, Léon Bressler, plus actif que jamais, est en train de boucler un troisième fonds de 1,5 milliard d’euros dans le secteur.
Mais en 2012, Cyril Benoit décide de voler de ses propres ailes et crée sa propre banque d’affaires, Benoit & Associés. Boutique résolument ancrée sur une niche : celle des opérations de M&A entre la France et la Chine. Pour cela, il profite de son carnet d’adresses français mais aussi et surtout de l’expertise de l’un des associés (et cousin) installé à Shanghai depuis 15 ans. Celui-ci a réussi à y développer du business et connaît bien la façon de procéder. De même a-t-il tissé des liens avec toutes les parties prenantes incontournables. Du coup, Cyril Benoit, surnommé le « Dragon de l’Ouest » par les chinois bénéficie d’un avantage certain que lui reconnaissent bien volontiers ses clients, à commencer par les fonds LBO France et Ardian ou Engie et l’Oréal. Il vient, par exemple, de trouver le partenaire chinois qui permettra à Joël Rebuchon d’ouvrir son premier atelier culinaire à Shanghai, avant d’en ouvrir d’autres dans plusieurs agglomérations chinoises. Cyril Benoit compte, il est vrai, sur un élément clé : les entrepreneurs français sont complètement perdus lorsqu’il s’agit de s’installer en Chine. Les joint-ventures, on l’a vu, ne marchent pas. Il faut trouver d’autres solutions pour pouvoir envisager une incursion réussie. D’où l’organisation de road show d’immersion réunissant autour du client les partenaires susceptibles d’être intéressés, les politiques locaux, les différentes autorités, les avocats, les juristes, en bref toute la chaîne d’interlocuteurs qui auront leur mot en à dire en cas d’accord.
Il est tout aussi actif pour permettre à des groupes chinois de trouver des pépites françaises. Les investisseurs chinois s’organisent en effet et réussissent de plus en plus à se trouver très bien placés dans les appels d’offres. C’est ce qui s’est passé dans le cadre de la cession du centre commercial Beaugrenelle l’an passé. C’est ce qui s’est passé aussi lors de la cession de la concession de l’aéroport de Toulouse où le premier ministre Chinois, en visite en France la semaine prochaine, a d’ailleurs prévu d’aller.
De quoi donner du grain à moudre à ce banquier littéraire appelé, aujourd’hui, à écrire une nouvelle page de l’axe France/Chine.
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