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Pétrole : Goldman Sachs revoit ses prévisions à la baisse
Le baril de Brent a perdu plus de 1,6% depuis le début du sommet d'Alger, qui débutait hier matin et devrait prendre fin demain, alors que les producteurs de pétrole n'ont pour l'instant donné aucun signe d'une potentielle entente sur les prix. Si le pétrole avait presque atteint 51 dollars le 19 août dernier, il a depuis de nouveau dégringolé, et la plupart des analystes ont revu à la baisse leurs prévisions de prix pour la fin de l'année. "L'Arabie Saoudite s'est dite prête à réduire sa production à condition que l'Iran fasse de même. Mais il y a très peu de chance pour que l'Iran, qui vient de retourner sur les marchés après 4 années d'embargo européen accepte le deal", expliquait ainsi un éditorialiste du quotidien financier City AM. L'Iran a d'ailleurs réaffirmé la semaine dernière son objectif de croissance de sa production à 200 000 barils par jour d'ici à la fin de l'année.
Selon les analystes de Goldman Sachs, même si un accord est conclu, le marché pétrolier devrait de toutes les façons continuer d'afficher des plus bas, en raison du déséquilibre persistant entre l'offre et la demande d'or noir. "L'équilibre offre-demande est plus faible que ce que nous avions prévu initialement, en raison d'une hausse de la production au troisième trimestre et d'une meilleure vision concernant la livraison de certains projets d'ici à la fin de l'année, "expliquent ainsi les équipes matières premières de la banque dans une note. Et de citer notamment des projets d'exploitations au Kazakhstan, en Russie, au Brésil, au Canada et en Norvège qui devraient bientôt aboutir.
Selon Goldman Sachs, l'excédent de production devrait ainsi atteindre 400 000 barils par jour d'ici à la fin de l'année, au lieu des 300 000 barils initialement anticipés, et ce malgré une très légère hausse seulement de la production du Liberia et du Nigeria. Les risques de perturbation dans les deux pays sont en effet encore importants, alors que des rebelles ont attaqué un pipeline au Nigeria vendredi dernier et que l'armée nationale libyenne possède désormais le contrôle de deux des trois principaux ports et champs pétroliers du pays. "Nous avons donc revu nos prévisions de 50 dollars le baril à 43 dollars pour la fin de l'année", poursuivent les analystes. Après avoir marqué un coup d'arrêt au second trimestre en raison de difficultés géopolitiques et des incendies au Canada, la plupart des pays exportateurs ont de nouveau accru leur production entre juin et septembre, gonflant les niveaux de stocks disponibles, justifiant la révision à la baisse des anticipations de Goldman Sachs.
Si la banque américaine n'a en revanche pas revu à la baisse ses chiffres concernant la demande mondiale de pétrole, l'Agence internationale de l'énergie a de son côté annoncé la semaine dernière une diminution de celle-ci, à 1,3 million de barils par jour au lieu des 1,5 million prévus pour l'année 2016. "La demande est pénalisée par les incertitudes macroéconomiques en Europe, en Chine et en Amérique latine", expliquent de leur côté les équipes d'Union bancaire privée. Dans les pays de l'OCDE, les politiques fiscales de taxation élevée sur la consommation d'essence et sur les combustibles de substitution ont effectivement exercé une pression à la baisse sur la demande, poursuivent-ils , tandis que la consommation de diesel a diminué en Chine et au Brésil.
Pour l'an prochain, Goldman Sachs a maintenu ses prévisions d'un baril situé autour de 52 dollars avec un prix moyen de 45 dollars au premier semestre 2017. Les pays du Golfe ainsi que l'Algérie devraient en effet compenser le ralentissement de la production au Mexique, au Brésil, au Venezuela et aux Etats-Unis. Quoi qu'il en soit la banque considère que le marché est entré dans une nouvelle ère de faiblesse des prix, entraînée par l'arrivée du gaz de schiste, contraignant les pays du Golfe à gonfler leur production pour compenser la baisse des prix.
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