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Gouvernance - rémunérations

Alcatel-Lucent : parachute doré, parachute d’été

Un changement de règles intervenu en juillet devrait permettre à Michel Combes de toucher 13,7 millions d’euros. Des indemnités qui entachent le départ d’un homme qui a pourtant réussi là où beaucoup ont échoué.
Michel Combes
Michel Combes

Le gouvernement n’est pas encore allé jusqu’à demander à Michel Combes, patron d’Alcatel-Lucent, de renoncer à son chèque, mais pas loin. « Dans le monde d’aujourd’hui, avec les difficultés que les uns et les autres rencontrent, à un moment donné il faut un peu de bon sens, un peu de mesure, un peu de retenue et là, en l’occurrence, M. Combes n’en a pas eus », a réagi ce matin sur France Info Michel Sapin, ministre des Finances. Une intervention qui fait suite à celle du porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, ou encore du premier secrétaire PS, Jean-Christophe Cambadélis sur les 13,7 millions que devrait toucher le directeur général sortant. La polémique est d’autant plus vive que le dirigeant avait annoncé qu’il ne recevrait pas de parachute doré, prime déjà sujette à controverse en elle-même.

Le détail de ces montants et les calculs liés aux sommes que percevra Michel Combes par rapport au nombre de titres dont il est le bénéficiaire sont signés du JDD. Ces attributions se sont faites en deux temps. D’abord le 14 avril, lorsque le conseil d’administration de la multinationale a décidé en amont de l'assemblée générale du plan d'actions sur trois ans. Puis le 29 juillet dernier, lorsque les membres du conseil ont arrêté le nombre d’actions allouées à Michel Combes à 350 000 titres échelonnés sur la même période. Ils ont surtout acté une clause de non concurrence, représentant 1 467 900 actions Alcatel-Lucent, toujours sur trois ans.

« Lors de sa dernière réunion, le conseil d’Alcatel-Lucent a salué l’action de M. Combes pour l’action conduite qui a permis de multiplier par 6 la valeur de l’entreprise et l’a sauvée de la faillite pour lui proposer un nouveau projet stratégique et garantir son avenir », explique l’entreprise dans un communiqué. L'actuel DG a, pour sa part, indiqué être « plutôt fier du travail accompli ». Si le gros chèque de Michel Combes fait autant polémique c’est que ce redressement, dont peu peuvent se targuer, s’est traduit par 10 000 suppressions de postes entre 2013 et 2015 dont 600 en France. De surcroît le principal intéressé, qui rejoindra Numericable-SFR, avait déclaré le 23 avril qu’il avait fait savoir au conseil qu’il ne souhaitait pas d’indemnités de départ. Une sortie faite au micro de BFM TV au lendemain de l’annonce du rachat d’Alcatel par Nokia et justifiée par le fait qu'il aurait dû rester chez Alcatel jusqu'en 2016. Cela étant dit, techniquement la clause de non concurrence n'est pas une indemnité de départ, elle, compensatoire.

C’est ainsi que le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, a indiqué ce matin que l’organisation patronale allait se pencher sur la situation au regard du code de gouvernance Afep-Medef. « Il faut maintenant que l'on regarde attentivement: est-ce que pendant cette période il y a eu une très forte performance de l'entreprise, est-ce que les montants étaient adossés sur des prises de risques, des critères bien définis », a-t-il indiqué sur RTL.

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