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Sur les marchés / Actualité des sociétés
Vers un recours contre la radiation des titres Radiall
Nouveau dossier très intéressant sur le plan du droit boursier : Un recours s'apprête à être formé contre la décision de l'AMF qui a approuvé la radiation des titres Radiall à l'issue de l'OPA simplifiée lancée en octobre dernier au prix unitaire de 240 euros, somme relevée le 12 décembre à 255 euros. Les derniers actionnaires minoritaires de l'entreprise d'électronique, à savoir le family office Orfim géré par un proche de Vincent Bolloré, Sébastien Picchiotto, et la financière de l'Echiquier ont en effet décidé de demander à maître Julien Visconti de porter le dossier devant les tribunaux afin d'obtenir un relèvement du prix proposé.
De fait, l'avocat est très clair dans ses arguments : "Nous contestons en particulier le fait que l’AMF ait considéré qu’elle n’avait pas à procéder à un contrôle renforcé du prix de l’offre, alors qu’il nous apparaît qu’une offre publique suivie d’une radiation de la cote constitue une offre de fermeture et que les actionnaires doivent donc bénéficier de la même protection que si le titre faisait l’objet d’un retrait obligatoire", lance-t-il. "En l’occurrence, le procédé utilisé par le concert de contrôle de Radiall est d’autant plus discutable qu’il disposait de plus de 95% des droits de vote et pouvait donc lancer une offre de retrait suivie d’un retrait obligatoire. Mais il aurait alors été contraint d’indemniser les actionnaires selon une valorisation multicritères. En choisissant la voie de la radiation de la cote après une offre simplifiée, le concert a donc contourné la règle protectrice édictée par l’AMF au bénéfice des actionnaires minoritaires" continue-t-il.
Radiall avait déjà tenté de se retirer de la cote en 2010, arguant d'un faible niveau d'échanges. Mais Euronext s'y était opposé. Décision que la direction du groupe avait contestée en justice, sans succès. Un dernier jugement, en Cassation, daté du 6 décembre dernier vient d'ailleurs de confirmer la position de la place de marché. Cette fois, la société profite de la dernière reforme réglementaire permettant à des entreprises, dont moins de 0,5% du flottant a changé de main dans l'année et détenues à plus de 90% (du capital et des droits de vote) par un actionnaire, de procéder à une radiation de la cote.
Pour maître Visconti, interrogé par WanSquare, un relèvement du prix s'impose car l'expert mandaté pour valoriser la société a bien spécifié que sur la base d'une étude multicritères, la somme proposée faisait apparaître une décote de 40% par rapport aux groupes comparables. Mais dans le cadre d'une OPA simplifiée, il n'est pas obligatoire d'avoir recours à une approche multicritères. D'où son recours. Côté Radiall, on fait remarquer que les actionnaires minoritaires encore au capital ne sont pas forcés d'apporter leurs, titres. Ils se retrouveraient simplement avec des titres non cotés, pas vraiment moins liquides qu'aujourd'hui, les échanges sur la valeur étant anémiques. Mais manifestement, Sébastien Picchiotto et la Financière de l'Echiquier ne l'entendent pas de cette oreille. Une nouvelle bataille juridique en perspective ? Il sera édifiant en effet de voir ce qu'en dit la juridiction de Paris, ce recours constituant la première réaction après la mise en œuvre, en juillet 2015, de cette nouvelle réglementation.
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