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Pourquoi l'euro résiste malgré la Grèce
Les marchés actions se sont fortement repris depuis ce matin, après l’annonce surprise hier du premier ministre grec, prêt à annuler le referendum si les créanciers acceptaient sa demande de troisième plan d’aide au MES (mécanisme européen de stabilité). Les Bourses européennes avaient entamé la semaine en fort recul - de 5,6% pour le CAC 40- avec l’échec de l’Eurogroupe ce week-end et la décision du premier ministre de soumettre le compromis au vote des citoyens dimanche prochain.
De façon assez surprenante, la parité euro/dollar a, elle, plutôt bien résisté au milieu de ce tumulte politique, malgré les inquiétudes qu’aurait pu susciter la situation. Comment expliquer la résilience de la devise européenne, alors même que le concept de monnaie unique est remis en cause et que la sortie d’un Etat de la zone monétaire est envisagée ?
Tout d’abord, la résistance de l’euro s’inscrit dans un contexte de nette amélioration des perspectives en zone euro. Ainsi, cela fait déjà deux mois que l’euro s’est stabilisé en raison de projections économiques meilleures que prévu. Ceci a entraîné un mouvement de hausse sur les taux souverains, qui a lui-même fait remonter la devise. « L’euro rémunère mieux qu’au début de l’année » explique ainsi Vincent Ganne, stratégiste de marché chez FXCM. L’euro dollar est ainsi passé de 1,17 début janvier à 1,04 début mars, avant de remonter à 1,14 contre le dollar mi-mai. Il s’échangeait ce matin à 1,1127 soit autour du niveau de la semaine dernière avant le coup de théâtre d’Alexis Tsipras.
La stabilisation de l’euro/dollar résulte également de l’évolution du dollar qui a peu bougé depuis un mois, selon l’analyste. Mais cette belle résistance de l’euro traduit surtout l’attentisme des investisseurs, qui préfèrent conserver leurs positions le temps qu’une solution politique soit trouvée avec la Grèce. Un fort mouvement de sorties de capitaux entraînerait effectivement un recul important de l’euro mais celui-ci n’a pas eu lieu pour le moment. « Depuis janvier, la zone euro a connu des entrées massives de capitaux ; les gérants ne vont pas annuler tout ce mouvement en une semaine », poursuit Vincent Ganne.
Si le referendum a finalement lieu et que le non l’emporte (rejet du compromis et donc fin des négociations avec les créanciers), l’euro sera massivement vendu et pourrait s’écrouler. Sauf si, comme le pense Marc Fiorentino, les investisseurs considèrent au contraire que c’est une bonne nouvelle pour la zone euro ! Dans ce cas, la devise devrait continuer de résister, voire s’apprécier.
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