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Devialet lève 100 millions d'euros pour démocratiser le son haut de gamme
Le 17 novembre, une foule de jeunes gens branchés affluait pour l’ouverture d’un magasin d’enceintes haut de gamme, en plein cœur du quartier très huppé de Soho à New York. Peu d’entre eux le savaient déjà mais derrière ces trois Phantom au design stylé, encensées par Jay-Z et vendues à au moins 2.000 dollars pièce, se cache une jeune entreprise française, Devialet. Qui vient, quelques jours plus tard, d’annoncer une levée de fonds de 100 millions d’euros auprès d’un groupe d’investisseurs industriels de grand renom. Dans cette opération conseillée par Bryan Garnier, les deux investisseurs de référence sont d’un côté la galaxie du taïwanais Foxconn et son fonds européen Ginko Ventures, ses filiales FIT et Sharp (qu’il a racheté en août dernier pour 3,8 milliards de dollars) mais aussi le fonds d’Andy Rubin, le fondateur d’Androïd qu’il sponsorise. Et de l’autre Naver, leader coréen de l’Internet et des médias sociaux, via Korelya Capital, le fonds d’investissement de Fleur Pellerin. L’ex-ministre et Jean-François Baril, ancien patron de Nokia qui dirige aujourd’hui Ginko Ventures, vont rejoindre le conseil d’administration. A ces grands noms s’ajoute celui de la star Jay-Z, Renault, mais aussi des investisseurs financiers : le fonds de partenariat entre le fonds souverain du Qatar et CDC International Capital (Future French Champions), bpifrance et CM-CIC.
La levée de fonds est conséquente, la troisième plus importante en France cette année après celle d’OVH (250 millions d’euros) et de Sigfox (150 millions). Devialet a pour objectif de développer son réseau de distribution, mais aussi sa technologie dans les secteurs très prometteurs de l’automobile, la télévision, l’électronique. Au plan géographique, la société déjà présente dans les Apple Store compte ouvrir de nouvelles boutiques aux Etats-Unis (New York, Californie et les grandes villes), mais aussi des ‘immersive rooms’ dans des centres commerciaux. « Nous devons enregistrer des succès ville par ville pour réussir dans le pays », commente Quentin Sannié, directeur général de Devialet. En Asie, les nouveaux partenaires lui ouvriront les portes du marché taïwanais, coréen et japonais. « L’Asie comporte des marchés différents et complexes mais nous avons des opportunités immenses avec nos partenaires », ajoute-t-il. Les zones US et Asie, qui représentent chacune environ 25% du chiffre d’affaires aujourd’hui, ont donc vocation à monter en puissance, même si l’Europe est toujours très dynamique.
Les raisons de cet engouement ? « Nous avons travaillé dur pour être irréprochables sur tous les plans (produit, gouvernance, financier, technique). Il n’existe pas de recette miracle mais nous avons un atout : le domaine émotionnel, avec un produit qui parle de lui-même », analyse Quentin Sannié. Et aussi beaucoup de VIP (Bernard Arnault, Jacques-Antoine Granjon, Marc Simoncini et Xavier Niel ont déjà investi au tour précédent), qui ont embrassé le produit et créé le buzz. Aujourd’hui, la société qui affiche 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et a prévu d'atteindre le point mort en 2016, est suffisamment financée pour accélérer dans les prochaines années. Avec en ligne de mire une IPO à l’horizon 2020. Qui pourrait faire émerger une nouvelle licorne française ?
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