WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Suez Environnement mérite mieux

Le groupe de services aux collectivités est sanctionné de manière excessive pour des surcoûts en Australie, alors qu'il affiche une importante croissance organique.
Le marché a toujours raison. Cela ne signifie pas qu'il a raison tous les jours. D'un côté, l'indice CAC 40 salue avec un enthousiasme excessif, voire dangereux, les résultats (encore bien abstraits) des deux sommets européens. D'un autre côté, il sanctionne le titre Suez Environnement pour le motif que le groupe de services aux collectivités a dû passer, au cours du troisième trimestre, une provision de 185 millions d'euros dans le cadre de la construction d'une usine de dessalement d'eau de mer en Australie. Cette provision vient s'ajouter à un surcoût de 52 millions d'euros d'ores et déjà acté au cours des six premiers mois de l'année. C'est un fait : offrir des services aux collectivités à des grandes métropoles comme Melbourne, sur une durée de trente ans, cela nécessite d'abord d'investir dans des ouvrages importants qui relèvent très largement du génie civil, avec tous les aléas qui en découlent. Aléas liés à la climatologie et aléas liés à la facture finale. Mais il ne faudrait pas que l'arbre de Melbourne cache la forêt du potentiel australien de Suez Environnement. Le groupe y réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros, soit quatre fois plus que lorsque Jean-Louis Chaussade a pris les commandes du groupe. Et cette croissance va s'amplifier, en raison notamment de la situation de stress hydrique que connaît cette gigantesque île. Bien sûr, c'est toujours désagréable pour des investisseurs de découvrir un élément impondérable qui affecte le résultat à hauteur de 185 millions d'euros. Bien sûr, c'est d'autant plus dommage que dans le même temps la marge opérationnelle de Suez Environnement a continué d'augmenter, passant à 16,8 % au lieu de 16,7 %, il y a un an. Bien sûr, la facture est en fait beaucoup moins lourde si l'on tient compte de la plus-value réalisée à l'occasion de la cession de 70 % de l'activité régulée de Bristol Water, et des économies supplémentaires (20 millions d'euros) effectuées dans le cadre du plan Compass. Mais il serait regrettable que le marché s'arrête sur ce seul incident australien, alors qu'au cours du troisième trimestre, Suez Environnement a vu son chiffre d'affaires progresser de 8,3 % ; ce qui signifie une croissance organique de 6 %. Dans le même temps, la dette a été également contenue au point de revenir, après cession de Bristol Water, autour de 7,5 milliards d'euros. Surtout, les perspectives de profitabilité ne s'en trouvent pas modifiées puisque le conseil a décidé, dès à pérsent, de maintenir la distribution d'un dividende de 0,65 euro pour 2011. Ce qui confère à la valeur un rendement de 5,8 %, nettement supérieur à celui des valeurs du CAC 40. Autant dire que n'ayant jamais fait l'objet d'un excès d'honneur, le titre Suez Environnement ne mérite vraiment pas aujourd'hui un tel excès d'indignité.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article