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Le jeu de la carotte et du bazooka de la Maison Blanche

Alors que Donald Trump venait de signer des tweets enflammés à l’égard de la Chine, ses deux lieutenants se sont étonnés de la réaction des marchés, estimant qu'il s'agissait de tactiques de négociations. Un jeu de dupes pour le moins inhabituel.
Donald Trump
Donald Trump

Les marchés américains ont sans surprise mal réagi aux représailles de la Chine, qui a annoncé 50 milliards de dollars de tarifs douaniers sur des produits divers comme le soja, l’automobile ou encore les produits chimiques, même si le pays a laissé la place à des négociations. Donald Trump n’a pas vraiment saisi cette opportunité, puisqu’il a remis de l’huile sur le feu en estimant dans un tweet que la guerre commerciale était déjà perdue, avec un déficit commercial annuel de 500 milliards de dollars et 300 milliards de dollars de vols de propriété intellectuelle de la part de l’Empire du Milieu. Et de finir par un : « Nous ne pouvons pas laisser cela continuer » évocateur.

Pourtant, ses lieutenants ont cherché à calmer le jeu dès mercredi, notamment face à des indices enfoncés dans le rouge. Tout d’abord, le secrétaire au Commerce Extérieur Wilbur Ross a exprimé sa surprise face à cette réaction, indiquant que les tarifs chinois ne représentaient que 0,3% du PIB américain, donc relativement proportionnels à ceux mis en place sur la propriété intellectuelle. Et surtout que cette réponse était attendue depuis que les Etats-Unis avaient eux-mêmes annoncé leurs propres barrières douanières. Donald Trump est un « négociateur » habitué aux discussions musclées depuis de nombreuses années, a-t-il fait valoir, concluant : « Ce n’est pas la Troisième Guerre Mondiale ».

Larry Kudlow, le conseiller économique du Président qui a remplacé Gary Cohn à la tête du National Economic Council, s’est de son côté employé à relativiser le danger, expliquant qu’il était « possible » que ces mesures ne soient jamais mises en application et qu’il s’agissait d’une tactique ayant pour but d’amener le pays de Xi Jinping à la table des négociations. « Le message est clair. La Chine doit arrêter les pratiques commerciales injustes et illégales. Ils le font depuis des années », a-t-il martelé, mais a aussi défendu le Président : « Il y a des bâtons et des carottes dans la vie, mais au bout du compte, il est libéral (…) Il veut résoudre les choses avec le moins de douleur possible ».

Ces mots ont-ils rassuré les marchés sur la capacité des équipes de Trump à engager des discussions avec la Chine, avant la mise en œuvre de ces tarifs ? Le Dow Jones a en tout cas fait un virage à 180 degrés et finit la journée dans le vert, en hausse de plus de 200 points après avoir varié de 700 points en une seule séance. La raison semble l’avoir emporté auprès des investisseurs, qui constatent que ces sanctions sont à la fois limitées dans leurs montants et leur portée, mais aussi que les jeux ne sont pas faits, et que les discussions pourraient reprendre. La nervosité des marchés joue donc à double sens, puisque les acteurs semblent vouloir aussi saisir tout rebond à la faveur d’une bonne nouvelle. Un environnement favorable à la volatilité, et aux traders qui prennent des positions importantes sur ces revirements de situation. Après un millésime 2017 très calme, 2018 semble être parti pour être une année chahutée, sur des marchés confrontés à une fin de cycle mouvementée.


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