Total, BNP Paribas, Sanofi, L'Oréal : vers d'importantes opérations de marché
Placée sous le signe de la reprise des affaires et des grandes manoeuvres, la rentrée s'annonce active. Les récents placements de titres ont démontré le retour de l'appétit des investisseurs.
Placée sous le signe du retour de la liquidité, des grandes manoeuvres industrielles et financières, cette rentrée s'annonce décidément passionnante. En persuadant Activision de lui racheter sa participation, Vivendi avait donné le "la" cet été. Mais c'est surtout à la lumière de la méga opération de rachat de la participation de Vodafone dans Verizon que d'autres opérations du même acabit, laissées en stand-by ces dernières années faute de moyens et de combattants, pourraient bel et bien aboutir.
Parmi ces opérations : essentiellement des cessions/restructurations de blocs de titres de grands groupes. Transactions susceptibles de réorienter les profils des cédants ou de les désendetter, et qui pourraient transiter par les marchés boursiers ces prochains mois.
C'est notamment le cas du milliardaire belge Albert Frère qui songerait, via GBL, à céder sa participation de 4% dans Total. Celui-ci s'est déjà récemment allégé dans GDF Suez, n'en conservant plus que 2,4%. Le produit de la cession des actions Total serait utilisé pour se positionner sur de nouveaux dossiers car l'homme fort de GBL a, semble-t-il, l'ambition de revoir la structure de son portefeuille, préférant détenir une dizaine de lignes contre cinq aujourd'hui. Rappelons que le capital du pétrolier est très dispersé. Outre les 4% logés dans GBL, Albert Frère est également actionnaire du pétrolier français via la Compagnie nationale à portefeuille (CNP) à hauteur de 1,4%. Pour placer 4% du capital de Total sur le marché, il faudra toutefois mobiliser un grand nombre de financiers, vu l'ampleur de l'opération.
Toujours en Belgique, l'Etat, très endetté et à la recherche de capitaux pour se mettre en conformité avec les injonctions de la Commission européenne songerait à céder soit ses titres BNP Paribas (il en possède 10,28%), soit ses actions BNP Paribas-Fortis (25%). La seule participation de BNP Paribas représente un pactole de 6 milliards d'euros. Là encore, une opération de placement sur le marché nécessiterait une vaste préparation. D'autant que BNP Paribas n'a sûrement pas envie de voir partir une telle part entre des mains "dérangeantes". Mais l'Etat belge n'a apparemment besoin "que" de 2 milliards d'euros pour se conformer aux impératifs européens. La cession pourrait donc être partielle. Celle-ci ne serait d'ailleurs pas totalement arrêtée, le prix de revient de l'instance publique étant de 58 euros (pour un cours actuel d'environ 50 euros). D'où l'idée parallèle de céder plutôt le bloc de titres BNP Paribas-Fortis, qui reviendrait dans le giron de BNP Paribas. Interrogée par WanSquare, cette dernière ne commente pas cette rumeur. A noter toutefois qu'elle revient régulièrement à la une des medias belges.
Autre grand mouvement de titres maintes fois évoqué : le rachat par Sanofi de la participation de L'Oréal à son capital et l'acquisition, dans la foulée, de celle de Nestlé par L'Oréal, grâce à l'argent récupéré lors de la transaction avec Sanofi. Vendredi 13 septembre, Chris Viehbacher, le directeur général du laboratoire pharmaceutique, a ravivé les attentes des analystes et investisseurs en déclarant que si L'Oréal mettait en vente sa part de 9 % dans Sanofi pour financer un éventuel rachat des intérêts de Nestlé, il étudierait la possibilité de reprendre ce bloc. "Tout cela est très au conditionnel, mais nous avons certainement les liquidités suffisantes", a-t-il précisé lors d'une conférence à Londres, alors qu'expirent en avril 2014 les droits de préemption liant Nestlé et la famille Bettencourt. Un jeu à trois bandes majeur pour l'avenir des trois fleurons français et suisse.
Reste à mettre en oeuvre de tels mécanos. Les derniers exemples de placements sur le marché sont en tout cas encourageants, toutes les opérations ayant reçu un large succès. Et ce, grâce au retour en grâce des actions et au repli de l'aversion au risque en Europe. A voir maintenant quelle est la profondeur du marché français.
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17/09/2021 - 10:31

