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Wendel : après l’expansion, le temps de la consolidation

La holding d’investissement cotée a publié une perte nette de 146,2 millions d’euros l’an passé avec la perte sur Verrallia et des dépréciations d’actifs. Après avoir atteint ses objectifs 2017, elle mise sur l’intégration de ses participations pour réduire sa décote d'ANR.
Frédéric Lemoine
Frédéric Lemoine

Les résultats 2015 publiés ce matin par Wendel ne rendent pas totalement justice à ses réalisations l’an passé. Grâce au volume des acquisitions, la contribution nette des sociétés du portefeuille progresse certes de 13,4% notamment grâce à l’intégration de Constantia Flexibles depuis début avril, à 679,5 millions d’euros. Mais la holding d’investissement cotée n’a pas pris en compte la plus-value de 727 millions d’euros sur la cession de titres Bureau Veritas en mars 2015, si bien que les comptes sont tombés dans le rouge, avec une perte annuelle de 146,2 millions d’euros l’an passé. Plusieurs facteurs ont impacté le compte de résultat : l’épilogue de la vente de Verallia par Saint-Gobain, qui a finalement été cédée au fonds Apollo en juin dernier mais a engendré une moins-value de 96,5 millions d’euros dans les comptes de Wendel. Mais aussi des dépréciations d’actifs pour un total de 235,1 millions d’euros, dont 90 millions d’euros sur Bureau Veritas, en particulier dans sa division matières premières qui a pâti de la baisse des commodities.

Pour autant le P-dg de Wendel, Frédéric Lemoine, a martelé ce matin qu’il n’avait « absolument pas de projet de cession de titres Saint Gobain ou Bureau Veritas », ses deux principales participations cotées qui ont bien résisté l’an passé. Il a en particulier renouvelé son soutien envers Saint Gobain dans son projet d’acquisition de Sika, qui rencontre une ferme opposition de la part des dirigeants et de la famille actionnaire du groupe suisse.

Si Wendel n’oublie pas ses participations cotées, l’année 2015 a surtout été celle de l’enrichissement du portefeuille avec 1,5 milliard d’euros investis dans trois deals : Constantia Flexibles en Autriche, les sociétés américaines CSP Technologies et AlliedBarton Security Services, sans compter un réinvestissement de 109 millions de dollars dans l’opérateur africain de tours télécoms IHS. Il a ainsi mené à bien ses objectifs 2013-2017 avec deux ans d’avance, à savoir investir 2 milliards d’euros à parité entre Europe, Amérique et Afrique. Il a également ouvert un bureau à Londres en septembre dernier afin de compléter ses implantations à New York, Singapour et Casablanca, et d’accélérer son internationalisation pour aider les sociétés de son portefeuille.

Enfin, le sujet de la dette appartient désormais au passé : après avoir réalisé une émission obligataire à 12 ans de 500 millions d’euros en janvier 2015, puis de 300 millions à cinq ans en octobre dernier, le groupe a ramené le coût moyen pondéré de la dette à 4,3% fin 2015, contre 4,8% un an plus tôt. Le groupe a ainsi décidé de relever de plus de 7% le montant de son dividende, à 2,15 euros par action.

Grâce au mix de ses participations cotées et non cotées, Wendel a réussi à faire grimper de 10,6% son actif net réévalué l’an passé, à 136,4 euros par action à fin décembre 2015 (qui a depuis légèrement reculé, à 128,6 euros par action au 17 mars 2016). Pour Oddo, le titre du groupe affiche ainsi une décote importante, supérieure à 30% sur la valeur de son ANR ce qui justifierait qu’elle se réduise. Même constat pour Kepler Cheuvreux, qui applique une décote de 25% et vise un objectif de cours de 116 euros, soit un potentiel de hausse de 22% sur un titre resté stable après l’annonce du résultat annuel.

Le marché aura probablement manqué d’objectifs plus précis de la part de Wendel, mais l’heure est plutôt à la consolidation après cette importante étape de rotation du portefeuille. Wendel doit finaliser d’ici peu la vente de Parcours à ALD Automotive pour 300 millions d’euros, soit un multiple de 2,2 fois sa mise pour l’actionnaire financier, et deux opérations de build-up chez CSP Technologies et IHS. Cette thématique sera probablement celle de 2016, comme l’a indiqué Frédéric Lemoine : « Wendel va poursuivre sa stratégie de développement international en mettant l’accent sur le développement de ses sociétés, l’accompagnement et l’intégration des acquisitions récentes ».


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