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Professions financières / Corporate finance

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Le financement en equity des PME, un gouffre qui se rapproche

Le private equity fait désormais face en France à une fiscalité très contraignante, en particulier pour les fonds fiscaux. Le problème du financement privé des PME porte dorénavant sur le haut de bilan.
François Hollande, qui se voit obligé de faire machine arrière sur les prévisions de croissance pour 2013, aura-t-il la même clairvoyance pour la fiscalité du capital investissement, et notamment les véhicules de déduction fiscale de l'ISF et l'impôt sur le revenu? Cela serait bienvenu, car la situation est grave, et nos PME pourraient être asphyxiées dans les prochaines années. "Le marché est en retrait en France, et il y a moins d'argent disponible pour financer les entreprises en fonds propres", constate Bertrand Rambaud, directeur général de Siparex. Le fonds de private equity, qui gère plus d'un milliard d'euros et investit dans les PME et ETI, lève actuellement son troisième fonds Midmarket et a déjà collecté 120 millions d'euros, pour un objectif final de 150 millions d'euros. Premier constat évident: les institutionnels français, sur lesquels Siparex comptait beaucoup en tant que fonds essentiellement hexagonal, sortent du paysage. La régulation entre en jeu, mais ceux-ci sont aussi à la recherche de rendement, via des positions plus liquides que des fonds bloqués pendant 8-10 ans. Heureusement, les family offices prennent le relais et représentent désormais 30% des montants collectés. Des LPs canadiens ont même consenti à abonder 10% du véhicule, une savoureuse victoire en ces temps difficiles. Dans le contexte électoral et fiscal délétère qui a été celui de la France en 2012, Siparex peut donc se féliciter d'avoir signé 89 deals, un chiffre en hausse constante depuis quatre ans. Mais les sorties ont été plus à la peine (159 contre 110 en 2011) en raison de l'incertitude fiscale bien sûr, mais aussi de process plus longs, notamment de la part des industriels. Mais cela n'est que cyclique, et le vrai problème relève plutôt de l'avenir du métier et de son attractivité, alerte Siparex. Le statut fiscal du capital-développement et transmission a été préservé par la voie des FCPR, puisque les dirigeants qui cèdent leur entreprise peuvent réinvestir dans ces véhicules en franchise d'impôt. Mais la menace pèse aujourd'hui sur le financement des entreprises innovantes et régionales, qui sont alimentées par les structures publics (Oséo, FSI Régions) bien sûr, mais aussi via les véhicules fiscaux. Les FCPI et FIP permettent de déduire une partie de son ISF (40 à 50%) ou de son impôt sur le revenu (18%) depuis la loi Tepa de 2007. Mais François Hollande a porté un coup de massue à ces dispositifs, qui ne peuvent plus être cumulés et sont désormais soumis au nouveau plafond des niches fiscales, réduit à 10 000 euros annuels. Face à toutes ces contraintes et à l'illiquidité des véhicules, les contribuables sont de plus en plus nombreux à renoncer. La collecte 2012 des fonds ISF était en chute de 21% à 237 millions d'euros, soit 2,5 fois moins qu'en 2008! Et les fonds de déduction de l'impôt sur le revenu, qui étaient déjà en baisse de 25% en 2011, ne devraient pas faire meilleure figure. Dans ce cadre, la loi de finances 2013 pourrait porter un coup de grâce à une activité déjà affaiblie, et pourtant indispensable au financement en fonds propres des PME. Côté développement et transmission, les fonds reconnaissent qu'ils ont désormais besoin de plus de temps pour créer de la valeur. "Il serait opportun de drainer l'épargne de long terme en France vers des véhicules d'une durée de vie pouvant aller jusqu'à 15 ans", suggère Bertrand Rambaud. Cela permettrait d'améliorer les retours et de maintenir l'intérêt pour cette classe d'actifs. Il serait de bon ton que François Hollande et son gouvernement, si prompts aux grandes déclarations sur le soutien financier aux PME, écoutent aussi les arguments des artisans privés de leur développement.
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