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Bonne nouvelle? Le CAC 40 est de plus en plus étranger

Selon Alphavalue, les investisseurs étrangers possèdent 48% des entreprises du CAC 40 en 2013. Ils étaient 41,1% en 2010. Cette progression n'est pas pour déplaire aux premiers intéressés.
Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ? La part des investisseurs étrangers ne cesse de grimper au sein des entreprises du CAC 40 comme le démontrent les statistiques d'Alphavalue. Elle était de 41,1% en 2010, 43,3% en 2011, 45,2% en 2012 et...48% en 2013 ! Avec en outre une part d'incertitude concernant les participations de moins de 5%, non détectables car pas soumises aux déclarations officielles à l'AMF ou les transactions issues du "high frequency trading", par définition très volatiles. Il n'empêche. La présence des étrangers prend donc un poids de plus en plus prépondérant au sein des mastodontes hexagonaux. Une nouvelle qui n'est pas pour leur déplaire, ces mêmes fleurons de la cote réalisant aujourd'hui l'essentiel de leur chiffre d'affaires hors des frontières françaises. Et lorsqu'on les interroge, les dirigeants de ces grands groupes estiment plutôt logique que les investisseurs étrangers s'invitent de plus en plus massivement à leur capital, dans un contexte où la notion de frontière s'estompe radicalement. Ils sont d'autant plus satisfaits de cette évolution qu'elle contribue à dynamiser leur cours de Bourse, comme en témoigne la hausse de l'indice CAC 40 depuis 2012. Si le poids des étrangers s'accroît, c'est aussi parce que, corollaire logique, celui des investisseurs français s'amenuise. Deux raisons à ce phénomène : les particuliers, échaudés depuis la crise des subprimes, ne sont toujours pas décidés à revenir massivement sur les actions. Ou du moins en direct. Par ailleurs, les institutionnels n'ont plus les mêmes latitudes pour investir sur les actions compte tenu des nouvelles normes prudentielles. Ils se sont ainsi plutôt réorientés vers les titres de dette. D'où leur moindre appétence pour nos champions, même si la plupart des professionnels reconnaissent aujourd'hui leur faible niveau de valorisation, comparé à celui d'autres marchés. Cette lente mais régulière progression des étrangers dans le CAC 40 est-elle amenée à se poursuivre? Tout dépendra, bien évidemment, du niveau de création de richesse en France et du dynamisme de ses acteurs financiers. Compte tenu de l'inexorable mouvement de globalisation des marchés, il semble pourtant certain que cette internationalisation de l'actionnariat du CAC 40 devrait encore s'intensifier. Y-a-t-il un seuil au-delà duquel ces entreprises pourraient commencer à s'inquiéter? A partir du moment où ces investisseurs sont multiples et de très nombreuses nationalités, qu'ils sont là dans l'optique de faire fructifier leur investissement sans revendications hostiles, comme peuvent en avoir certains actionnaires activistes, il n'y a guère de contre-indication. Sauf, bien sûr, dans les cas d'entreprises évoluant dans un secteur sensible, comme celui de la défense. Bon nombre de sociétés du CAC 40 comptent déjà avec un actionnariat très largement international et ne s'en portent pas plus mal. Essilor, Alcatel-Lucent ou Legrand en sont les exemples flagrants. Le parcours boursier de ce dernier est d'ailleurs éloquent : +25% depuis le début de l'année, +150% sur cinq ans.
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