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Kaufman & Broad temporise

Le constructeur immobilier a trouvé un accord original pour le réechelonnement de sa dette bancaire, à défaut de pouvoir compter sur la new money de son actionnaire PAI.
Kaufman & Broad peut à nouveau souffler, provisoirement. Il est vrai que le groupe de construction de logements est depuis deux ans sur le fil du rasoir, contraint de renégocier ses conventions de crédit. Au coeur de la crise, dans son rapport annuel 2008, il déclarait même ne pas pouvoir "garantir qu'il disposera à moyen et long termes des financements nécessaires et suffisants pour poursuivre son activité et son développement". C'est dire si un rééquilibrage de son contrat de crédit senior était plus que nécessaire. Le nouvel accord qui a été trouvé consiste en deux points. D'une part, le ratio de couverture des cash flows - qui est le rapport de l'Ebitda sur les frais financier nets - est remplacé par l'établissement de niveaux de cash flows minimum. Cela montre l'impuissance du groupe, assommé par la crise de l'immobilier, à maintenir sa rentabilité: son résultat net est dans le rouge et le résultat opérationnel s'est effondré de 90 % sur les neuf premiers mois de 2009! D'autre part, il s'engage à rembourser 25 millions d'euros de façon anticipée, si ses résultats annuels le permettent, en janvier et en octobre prochain. Preuve également que les créanciers commencent à s'impatienter, et à s'inquiéter. Dans ce contexte, difficile de ne pas lier les difficultés de la société à l'entrée de PAI Partners comme actionnaire. En mai 2007, le fonds d'investissement a pris 50 % du capital de la société cotée sur Eurolist B puis a lancé une OPA sans succès, et en détient aujourd'hui 88 %. Pendant ce temps, la dette financière nette a atteint des sommets, passant de 93 millions d'euros en juillet 2006 à 337 millions un an plus tard, et même 422 millions en 2008! Ce qui a entrainé une explosion du gearing, grimpant de 31 % à 337 %. Or le timing a été particulièrement mauvais, puisque le marché n'a pas tardé à se retourner et le groupe n'a plus eu la capacité de respecter des covenants restrictifs. Aujourd'hui il est asphyxié par deux lignes B et C de 200 millions d'euros tirées dans leur intégralité, un crédit revolving de 175 millions d'euros, et une ligne d'acquisition de 75 millions d'euros, qui a été affectée au financement du BFR. Dans la tourmente, PAI Partners n'a pu, comme Carlyle et Cinven viennent de la faire avec Numericable, apporter de l'argent frais. Il a pourtant tout intérêt à ce que la situation financière de sa participation s'améliore, étant donné qu'il ne pourra percevoir des dividendes qu'à partir de 2012, et si le ratio d'endettement du groupe est égal ou inférieur à 3.
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