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Professions financières / Corporate finance

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Les fonds de private equity sous le joug des LPs

Les levées ont été très difficiles en 2009, en raison d'un marché atone. En position de force, les investisseurs attendent désormais plus de retours, et s'immiscent dans la gestion des fonds.
David est devenu Goliath. Les Limited Partners (LPs), qui étaient prêts à s'adapter aux conditions des méga-fonds levés pendant l'âge d'or du private equity en 2006 et 2007, font maintenant porter leur voix. Plus longs à se décider, ils sont aussi plus exigeants avec les gérants. Quitte à faire le travail eux-mêmes. Les grands fonds de private equity mondiaux viennent certes d'annoncer de belles levées: Starwood Capital a clos deux véhicules pour un montant total de 2,8 milliards de dollars, Carlyle a confié 1,1 milliard de dollars à Olivier Sarkozy pour investir dans les institutions financières. Il n'empêche qu'en 2009, les collectes de capitaux frais ont été réduites de moitié globalement. Et dans la quasi-totalité des cas, les fonds demandent un délai supplémentaire pour boucler leurs road shows. Mais les LPs ont de bonnes raisons de faire la fine bouche: ils n'ont pour l'instant pas vraiment vu le résultat des sommes colossales qu'ils ont attribuées au secteur ces dernières années. En 2009, les fonds ont rendu 60 milliards de dollars, contre 118 milliards en 2008, alors que les sommes allouées au private equity n'ont cessé de progresser jusqu'en 2008. Ceci s'explique par l'atonie du marché l'an passé, les fonds refusant de baisser les prix pour vendre et les acheteurs manquant de financements. Pour certains, les collectes ne se rétabliront pas tant que les fonds ne rendront pas davantage d'argent à leurs sponsors. D'un point de vue global, la tendance est cependant bonne pour le private equity: selon Preqin, 51 % des investisseurs envisagent d'augmenter leur allocation au private equity cette année, et 41 % d'y placer les même montants. Les LPs continueront donc à alimenter cette classe d'actifs, mais leur comportement évolue. Ils rediscutent les termes des fonds, notamment les indemnités. Rien de plus normal car, plus la taille des véhicules levés augmentait, plus la perception des "management fees" (2 % par an) représentait à elle seule un centre de profit indû. Auquel s'ajoutent les frais d'investissement, de cessions et les 20 % sur les plus-values de sorties. Certains vont même plus loin et s'immiscent dans la gestion des participations, surtout en période de crise. Calpers et Opers, les fonds de pension de Californie et de l'Ohio, ont ainsi manifesté leurs inquiétude au fonds Permira, à propos de la fermeture d'une usine de sa participation Hugo Boss. Opers est même allé jusqu'à remettre en cause son "futur engagement" dans le gérant. OTPP, le fonds de pension de l'Ontario, a lui franchi la fatidique frontière d'investisseur en propre. Il a signé sa première transaction en rachetant le britannique Acorn à Phoenix Equity Partners, qu'il finançait jusqu'à présent. L'ancien mécène est maintenant un concurrent.
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