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L'or toujours en zone d'incertitude
Le métal jaune va-t-il enfin pouvoir reprendre du poil de la bête après sa lente érosion de ces dernières années ? Après avoir culminé à près de 1850 dollars l'once, il s'équilibre actuellement aux alentours de 1250 dollars. Les dernières statistiques ne sont, en tous cas, pas de nature à lui redonner du lustre. Selon le dernier rapport trimestriel du CMO (Conseil mondial de l'or), la demande mondiale d'or a effectivement poursuivi sa baisse au premier trimestre 2015, pour s'établir à 1.079,3 tonnes, soit un repli de 1% par rapport à la demande observée sur le premier trimestre 2014.
Ce chiffre cache toutefois deux tendances inverses : la demande de métal jaune en tant qu'investissement se porte, elle, assez bien. Grâce aux ETF, ces fonds d'investissement s'apparentant à des actions et donc extrêmement liquides, cette demande est en progrès de 4% sur le trimestre. Les craintes sur la Grèce ont ainsi poussé nombre d'intervenants à se positionner sur ces produits dans une optique de couverture protectrice. En revanche, la demande de pièces et de lingots enregistre un retrait de 10% sur les trois premiers mois de l'année, tout comme la demande de bijoux (qui représente plus de la moitié des transactions sur le métal précieux). Mouvement qui tire l'essentiel de son origine par une moindre appétence en provenance de la Chine, alors que la demande indienne fait toutefois preuve d'une grande résistance.
Les achats nets des banques centrales sont, pour leur part, restés plutôt stables, celles-ci préférant conserver leurs stocks en vue de diversifier leurs réserves. Les banques centrales de pays émergents y voient aussi l'occasion de se prémunir contre la volatilité des monnaies.
D'une manière générale, depuis la remontée de la devise américaine, l'or s'est de nouveau inscrit dans une zone incertaine, le métal précieux évoluant de manière inverse à celle du dollar. Et comme celui-ci s'est sensiblement repris face à l'euro ces derniers mois, cela ne fait pas les affaires des cours du métal jaune. Celui-ci s'adjuge 6% depuis le début de l'année mais lâche 6% sur un an et encore 22% sur trois ans. Ceux qui anticipaient une chute brutale des cours suite à la reprise du billet vert en sont toutefois pour leur frais. L'essor des ETF investis sur ce métal participe largement au relatif équilibre constaté ces derniers mois.
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