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Sur les marchés
La Bourse d'Athènes s'effondre bel et bien
Après cinq semaines de fermeture, la Bourse d’Athènes a rouvert ses portes ce matin. Suite à l’annonce du référendum par le premier ministre Alexis Tsipras sur les nouvelles mesures d’austérité, un mouvement de panique s’était propagé dans le pays. Le risque d’un effondrement du système bancaire a poussé les épargnants à se précipiter aux distributeurs de billets, le gouvernement a de son côté mis en place le contrôle des capitaux et la fermeture des banques et de la Bourse.
Depuis, Athènes a accepté un nouveau plan de sauvetage d’un montant de 82 milliards d’euros avec ses partenaires de l'Union européenne en échange de réformes rigoureuses et d’une austérité budgétaire. Mais la mise en œuvre de l'accord est assez loin, des désaccords subsistent entre notamment le gouvernement allemand et le FMI gardant vivant les problèmes de stabilité politique et économique auxquels le pays doit faire face.
La séance très mouvementée prédit par les analystes a bel et bien eu lieu: elle a atteint 22,8% dès l’ouverture, la plus forte baisse de son histoire, et se poursuit en ce moment. Le milieu bancaire est le secteur qui accuse le plus de pertes. Selon les analystes, le gouvernement aurait demandé 10 milliards de d’euros afin d’assurer la recapitalisation des banques : les valeurs bancaires grecques ont été touchées dès l’ouverture. Alpha Bank , Attica Bank, Eurobank Ergasius, Piraeus Bank et la Banque nationale de Grèce affichent toutes une baisse de minimum 30% (la limite quotidienne fixée par l’opérateur boursier). Des pertes similaires sont également observées sur d’autres titres, hors secteur bancaire.
Les fuites de capitaux sont susceptibles d’être massives même si les opérations boursières sont encadrées pour les investisseurs locaux restant soumis au contrôle des capitaux toujours en vigueur dans le pays selon le décret publié vendredi par le ministre des finances grecs. Les investisseurs grecs ne pourront acheter des actions, des obligations, des produits dérivés qu’avec des fonds transférés depuis l'étranger, des dépôts en espèces seulement ou de l'argent provenant de la vente future des actions. La limite de retrait de 60 euros par jour est également toujours de mise. Le président de l'autorité grecque des marchés financiers, Kostas Botopoulos a de son côté déclaré qu’aucune intervention de l’Etat sur les marchés n’était prévue : « Nous cherchons à voir quand les marchés vont se stabiliser, à quels prix, et quelle est la perception du marché grec du point de vue des investisseurs nationaux et étrangers ».
La situation ne devrait pas s’arranger dans les jours à venir, le pessimisme est même de mise pour Takis Zamanis, trader en chef chez Beta Securities : « La possibilité de voir même une seule hausse d’une action lors de la séance de demain est presque nulle. Il y a beaucoup d'incertitude quant à la capacité du gouvernement de signer le plan de sauvetage à temps et d'éventuelles élections anticipées ».
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