Le coup de maître d'Arkema
En cédant ses activités vinyliques tout en se renforçant dans la chimie de spécialités, l'ex-filiale de Total change de physionomie et crée de la valeur pour ses actionnaires.
Les envolées boursières sont particulièrement rares par les temps qui courent. Qu'un chimiste comme Arkema voit son cours s'envoler de plus de 17%, alors qu'il annonce la cession d'une activité qui va entraîner une charge de 470 millions d'euros et diminuer sa trésorerie de 100 millions, mérite donc d'être souligné.
Les investisseurs ne se sont pas trompés sur l'intérêt de l'opération, puisqu'ils ont fait progresser la valeur boursière d'Arkema de plus de 410 millions d'euros après l'annonce de la cession de la division produits vinyliques.
Cette vente, même si elle a un coût dans l'immédiat, permet à la société dirigée par Thierry Le Henaff d'abandonner un secteur difficile qui plombait son image et d'accélérer le changement prévu dans ses objectifs 2015.
La chlorochimie et le PVC, qui représentaient environ 18% du chiffre d'affaires d'Arkema (un peu plus d'un milliard sur 5,9 milliards d'euros au total) étaient non seulement peu rentables, mais encore très présents en France et en Europe.
Comme parallèlement le groupe a effectué depuis quelques semaines plusieurs acquisitions dans la chimie de spécialités, notamment en Chine, il accélère ainsi sa transformation.
Les produits chimiques industriels (65%) et les produits de performance (35%) vont désormais représenter la totalité des ventes. Et Arkema se rapproche de son objectif de réaliser 23% de son chiffre d'affaires en Asie, 32% aux Etats-Unis et 40% en Europe, contre jusqu'à maintenant 58% en Europe, 25% aux Etats-Unis et 13% en Asie.
Ce changement permet ainsi au groupe de ne plus subir qu'un repli boursier de 13% depuis le début de l'année, contre 25% pour le SBF 120. Le chimiste, dont Groupe Bruxelles Lambert est désormais le premier actionnaire avec 10% du capital, fait cependant moins bien que son concurrent Rhodia (+27%), dopé par son rachat par le belge Solvay.
Mais sur trois ans, Arkema est en tête avec une hausse de 240%, contre 150% pour Rhodia. Des chiffres à méditer pour les détracteurs de l'industrie lourde, qui lui auraient préférer la banque, l'assurance ou les services.
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