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Les ETI en mal de stabilité fiscale
Le Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (METI) vient de publier son sixième baromètre sur la compétitivité des ETI, réalisé avec Amundi. Il montre que les chefs d’entreprises ont confiance en l’avenir, élections présidentielles ou pas. “C’est quelque chose d'inhérent au chef d’entreprise, et surtout ceux d’une ETI qui sont des entreprises de conquête, rappelle Alexandre Montay, délégué général du METI. Un chef d’entreprise qui cherche à se développer à l’international, à créer une marque mondiale a plutôt intérêt à croire en ses perspectives de développement.” Cela se traduit par une volonté très forte d’investir. “Il y a un effet de rattrapage avec une volonté de réaliser des investissements tous azimuts après une période de 10 ans de marges très très faibles où les ETI ont plutôt joué la carte de l’emploi pour maintenir les savoir-faire, le capital humain sur site”, explique le délégué général. Le Crédit Impôt-Compétitivité-Emploi (CICE) n’est sans doute pas complètement étranger à ce déclic : 79% des ETI déclarent en avoir bénéficié au cours des 12 derniers mois, relève le baromètre du METI.
Quelles sont les priorités d’investissements ? Si l’appareil productif reste en pole position car 41% des ETI sont dans le secteur industriel, pour les 6 mois à venir, le recrutement et la formation – qui avait fortement augmenté (+17 points lors de la vague précédente) – distancent aujourd’hui tous les autres indicateurs (+8 points devant la priorité suivante : le financement du besoin en fonds de roulement) en atteignant aujourd’hui un taux de 61%. Il faut dire que l’emploi reste un élément clé pour les ETI. 75% ont leurs sites de production et leur siège social basés en province, ce qui les obligent à se montrer suffisant attractives alors qu’elles sont moins connues du grand public, leurs activités étant majoritairement sur des secteurs BtoB.
Malgré un niveau de chômage élevé en France, 52% des ETI rencontrent des difficultés de recrutement et ce, quelle que soit leur taille, avec une tendance un peu plus marquée dans l’industrie (55%). Les principales raisons invoquées sont d’ordre géographiques (difficulté à attirer les bons candidats dans leur localité) et la difficulté à trouver des qualifications rares, pointues ou nouvelles pour 58% des ETI. Alexandre Montay ajoute : “Il y a un corollaire entre la recherche de nouveaux talents, la constitution de nouvelles équipes et la transformation digitale. La transformation digitale implique un changement culturel de l’entreprise. Pour actionner ce changement dans ce domaine, les ETI ont besoin de ressources. Cela ne prend pas forcément le nom de “chief digital officer” mais il y a des personnes qui sont recrutées sur des aspects digitaux, de transformation numérique... Les ETI musclent leur service marketing, de design, d’innovation… Cela fait parti d’un même trend de modernisation de l’outil de production avec une accélération depuis 2 ou 3 ans vers l’industrie 4.0”.
L’enquête du METI met également en avant la solidité financière des ETI. Ce qui fait dire à son délégué général : “On a souvent fait un raccourci en disant que le problème des ETI c’est un problème de financement. C’est faux.” Ainsi, les ETI, tout secteur et taille confondus, affichent une capacité d’autofinancement de 81% et une capacité d’endettement de 79%. “Cette capacité d’autofinancement est liée à de meilleures marges pour les ETI, souligne le METI. Leur développement est assis sur l’autofinancement et les fonds propres, l’endettement est utilisé parcimonieusement. Et depuis une dizaine d’années, les ETI ont consolidé leurs fonds propres. Ce qui explique des ratios d’endettement traditionnellement très raisonnables.”
Au total, avec l’enquête du METI, on peut dresser un portrait robot d’une ETI : c'est une entreprise installée depuis au moins 21 ans, devenue leader soit français, soit européen soit mondial sur ses marchés, qui s’autofinance pour conquérir de nouvelles parts de marché et qui trouve finalement un financement. Sa robustesse financière lui permet d’anticiper des retours sur investissement non pas de 1 ou 2 années, mais plus de 5 à 10 ans en raison des processus d’innovation et de mises sur le marché de nouveaux produits. Ce qui explique qu’elle cherche au minimum de la stabilité dans les dispositifs législatifs et fiscaux. “Cela n’occulte pas qu’une majorité des dirigeants d’ETI estime toujours que le poids de la fiscalité s’est alourdie, sentiment plus appuyé pour la fiscalité hors impôts (58%) que pour la fiscalité impôts (47%)”, rapporte le METI.
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