Les très riches veulent dorénavant vivre à New York et...Paris !
Autres temps, autres mœurs ? Une enquête très intéressante réalisée par les réseaux d’agences immobilières de luxe Barnes et Warburg démontre un changement assez radical dans les habitus des personnes très fortunées. Ces deux réseaux sondent, en effet, chaque année une population très ciblée répondant aux critères de l’UHNWI (ultra high net worth individual), dont la fortune est supérieure à 30 millions de dollars, et du high net worth individual (HNWI), correspondant à un patrimoine personnel compris entre 1 et 30 millions de dollars.
Et là où les 4 villes préférées de ces personnalités étaient, dans l’ordre : Londres, New York, Tokyo et Sydney, on trouve en ce début d’année un palmarès assez radicalement différent : New York, Paris, Londres et Los Angeles (qui n’arrivait qu’en 11ème position précédemment). « L’étude traduit les évolutions économiques et géopolitiques de la planète. Deux villes américaines - New York et Los Angeles - dans le haut du classement, un an après l’élection de Donald Trump : on pourrait dire que le nouveau Président n’a pas eu d’effet négatif. Sauf que ce sont les deux métropoles les moins favorables à l’hôte actuel de la Maison Blanche. Ce sont aussi les deux villes les plus en pointe dans la révolution numérique », commentent les auteurs du sondage.
Autre enseignement et non des moindres de cette étude : la nette avancée de Paris (passée de la 5ème à la deuxième position) au détriment de Londres. Effet Brexit ? « Tout comme New York, Paris a été directement bénéficiaire de l’effet report consécutif au Brexit. La capitale française a aussi été jugée plus stable que d’autres métropoles de l’UE, Barcelone notamment. Mais nul doute que d’autres événements survenus en France en 2017, tels que l’élection d’Emmanuel Macron ou encore la désignation de la ville pour les Jeux Olympiques de 2024, expliquent le bond de 25% du nombre de transactions sur les biens haut de gamme. Les prix ont suivi, avec une hausse moyenne de 10%», ajoute Barnes.
Preuve d’ailleurs de cet engouement pour Paris de la part d’investisseurs fortunés internationaux : la hausse des transactions « éclair ». En 2017, Barnes en a recensé 74 pour ce qui le concerne, portant sur des montants «considérables ». Et d’indiquer que dans le troisième arrondissement parisien, un appartement de 149 m² en étage élevé, a été acheté en moins de 48 heures, au prix de 2,1 millions d’euros. A Neuilly, aux abords de la mairie, un duplex de 181 m², se présentant comme une maison, a été vendu en une visite, au prix de 2,52 millions d’euros. Au Champ-de-Mars, un appartement de 156 m² à rénover a été vendu en moins d’une semaine également au prix de 3,15 millions d’euros, soit environ 20.000 euros le mètre carré. L’acheteur était, cette fois, Français, la perspective de l’IFI ne l’ayant visiblement pas freiné.
A l’heure où Paris tente de convaincre nombre d’institutions et de grands établissements financiers en plein questionnement sur un éventuel déménagement post-Brexit, ce sondage apporte assurément de l’eau au moulin de la ville lumière. Et ce, d’autant qu’elle vient de gagner une très belle bataille en ayant récupéré le futur siège de l’EBA.
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