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Les entreprises françaises, gagnantes des achats corporate de la BCE

Mario Draghi a affirmé hier que les titres corporate, acquis par Francfort dans le cadre du programme d'achats de titres APP, continueraient de représenter un volume important des emplettes de la BCE en 2018. Et la France sera toujours la principale bénéficiaire. 
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La BCE va donc entamer le fameux "tapering" et la diminution de son programme d'achats de titres en janvier prochain, qui passera de 60 milliards à 30 milliards d'euros d'actifs acquis tous les mois. Si les obligations souveraines représentent la grande partie de ces achats mensuels, les titres corporate font également partie des emplettes de la BCE, et le président a affirmé hier qu'ils représenteraient une part "importante" de l'APP l'an prochain. Une façon de dire que leur proportion dans les achats mensuels pourrait être un peu supérieure, estiment les équipes de Capital Economics. "Nous estimons que la BCE ne devrait pas diminuer le montant de ses achats de titres corporate l'an prochain", explique ainsi Jack Allen, de Capital Economics.

Si Mario Draghi a reconnu que son institution avait réalisé des pertes sèches sur les titres de la société Steinhoff (les obligations de l'entreprise ont dévissé de 30% depuis la révélation d'irrégularités comptables et de la démission de son patron), cela ne l'a donc visiblement pas découragé de continuer à soutenir les sociétés de la zone euro.  Depuis que les titres d'entreprises ont été intégrés aux achats d'actifs la BCE en mars 2016, cette dernière en a acquis pour 7 milliards d'euros en moyenne tous les mois, et ce montant devrait donc rester le même l'an prochain.

L'inclusion des obligations corporate dans les achats mensuels a entraîné une hausse des émissions de dette des entreprises, qui ont atteint 90 milliards par mois en moyenne (soit proche du record de début 2013), en grande partie absorbée par la BCE donc. Début octobre Francfort détenait ainsi pour 121 milliards d'euros de dette d'entreprises. Et, si les montants mensuels se maintiennent effectivement au même rythme, Francfort détiendra en septembre 2018 (à la fin supposée du programme) près de 18% du marché obligataire corporate de la zone euro, estime Jack Allen.

Et c'est la France qui sera la principale bénéficiaire de la poursuite des achats de titres corporate par Francfort, puisque selon les données publiées sur le site de la BCE, les entreprises de l'Hexagone représentent 30% des achats de dette corporate mensuels, suivies par celles de l'Allemagne (25%), de l'Espagne et l'Italie (11%). Il faut dire que la France représente le plus gros marché obligataire corporate de la zone euro, et que le CSPP (corporate sector purchase programme) a incité les entreprises de l'Hexagone à accroître le volume d'émissions. La France a ainsi représenté 43% des émissions d'entreprises depuis le début du CSPP et est le pays qui a connu la plus forte hausse d'émission de dette d'entreprises sur la même période, passant de 1 million d'euros par mois à 3,5 millions depuis lors.

"Il y a donc peu de raison pour que la BCE diminue ses achats de dette d'entreprises françaises l'an prochain. D'autant qu'elle ne détient pour le moment que 7% du marché de l'Hexagone, soit loin de la limite des 70% qu'elle s'est fixée", conclut l'économiste. Si les achats de la BCE l'an prochain ne devraient pas booster massivement les investissements ou la croissance économique, "la France devrait en tout cas bien s'en sortir", termine Jack Allen.  

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